24 janvier 2008
Camus et la rue Bab Azoun
Les
beignets de la rue Bab Azoun
Camus était élève au lycée Bugeaud, il avait 11ans quand il intégra la sixième, en 1924. Après une journée d'études, il ressentait un petit creux, qu'il comblait de beignets sortis tout chauds de leur bain de friture. Le marchand se tenait rue Bab-Azoun. A l'époque, on pouvait encore se nourrir pour rien... L'été, le grand délice, c'était la limonade qu'on buvait glacée dans des verres embués et qui vous faisait monter des bulles dans les narines, ou ce sorbet au citron, le «créponné», dont longtemps encore après l'avoir dégusté on conservait la pointe acidulée dans la bouche. L'Algérie du jeune lycéen était celle de l'insouciance. Camus jouait au RUA, le Racing universitaire d'Alger, et gardait les buts, poste qu'il abandonna à 17ans quand la tuberculose lui brûla les poumons.
Source:Mustapha Chelfi(nouvel obs.)
En savoir plus sur Albert Camus,
cliquez ici:
La jeunesse d'Albert Camus
20 janvier 2008
Musée du Bardo-Alger
Merci à jacqueline pour ces envois.
Chambre de la favorite(merci à Sabine Bachelet pour son envoi)
Plafond de la Chambre
14 janvier 2008
Le nouvel an Berbère
Yennayer 2958, c’est aujourd’hui
La porte du nouvel an
amazigh “Tabburt u seggas” ou “Amenzu n’Yennayer” s’ouvre
le 12 janvier de chaque année. Ce jour inaugure l’an 2958 du
calendrier berbère dont le départ remonte à 950
avant le Christ. Les Imazighen qui célèbrent cette fête
du passage au nouvel an dans la liesse et la communion ont, à
l’instar d’autres civilisations dans le monde, leur propre
calendrier bien ancien, basé à la fois sur les
changements de saisons et les différents cycles de végétation
qui déterminent les moments des travaux agricoles, ainsi que
sur les positionnements des astres, comme la Lune et le Soleil.
Yennayer est le premier jour de l'an du calendrier agraire utilisé depuis l'antiquité par les Berbères à travers la Numidie. Il correspond au premier jour de janvier du Calendrier julien, qui aujourd'hui est décalé de 13 jours par rapport au calendrier grégorien, soit le 14 janvier de chaque année. Suite probablement à une erreur des premières associations culturelles qui ont prôné le retour à cette fête traditionnelle, menacée de disparition, l'opinion que la date traditionnelle est le 12 janvier est très répandue,surtout en Algérie.
Origines
Vers 1968, l'Académie berbère a proposé de créer une "ère berbère" tout comme il y a une ère chrétienne et une islamique, et a fixé comme an zéro du calendrier bèrbère les premières manifestations connues de la civilisation berbère, au temps de l'Egypte ancienne, lorsque le roi numide Chechonq Ier (Cacnaq) fondateur de la 22e dynastie égyptienne prit le trône et devînt Pharaon en Égypte. Avant d'envahir la Palestine, il réunifia l'Égypte. ÀJérusalem, il s'empara de l'or et des trésors du Temple de Salomon (un grand évènement cité dans la Bible).
Yennayer est la seule fête non musulmane commune à tous les peuples d'Afrique du Nord. Dans chaque région, elle donne lieu à des festivités diverses et à des repas familiaux.
Source:ouled kenchela.com
Calendrier amazigh et fêtes agraires .
L'année
agraire amazighe, comme toutes celles de l'aire méditerranéenne,
correspondant au calendrier julien que les Imazighens avaient adopté
des Romains, est découpée en quatre saisons : tagrest (
hiver), tafsut ( printemps), iwilen ( hiver), amewan (automne).
Chacune des quatre saisons comporte quatre signes ou symboles
« astrologiques »,( voir foto) dont un symbole «
majeur » (celui de la saison), qui détermine les trois
autres signes de son groupe ; ainsi, chaque individu a un symbole
fort, celui de la saison où il est né, et un signe
personnel, qui correspond au mois de sa naissance.
Le
calendrier agraire amazighe débute le 25 août, quatre
jours avant l'automne ; il correspond davantage aux étapes de
travaux agricoles et aux phases de végétation et se
divise en deux grandes périodes : Semailles et labours
(automne, hiver), moissons et récoltes (printemps, été).
En
plus de ce calendrier agraire les Imazighens ont adopté depuis
l'Antiquité romaine le calendrier julien, décalé
de douze jours par rapport au calendrier grégorien ; ainsi, le
début de l'année amazighe officielle débute le
13 janvier et non le premier de ce mois. Voici les noms des mois
berbères, avec leurs dates respectives et les symboles et
signes qui leur correspondent :
Tagrest
: Hiver.
Signe dominant : le Peigne à tisser.
Jember
(décembre) : le Serpent : du 14 novembre au 13 décembre
;
Yennayer (janvier) : le Taureau : du 14 décembre au 13
janvier ;
Furar (février) : l'Araignée : du 14
janvier au 13 février.
Tafsut
: Printemps.
Signe dominant : l'Ancre.
Meghres (mars) : le
Bélier : du 14 février au 13 mars ;
Ibrir (avril) :
l'Arbre (ou l'Olivier) : du 14 mars au 13 avril ;
Mayyu (mai) :
l'Oiseau : du 14 avril au 13 mai.
Iwilen
: Eté.
Signe dominant
: le Marteau (ou la Hache).
Yunyu ( juin) : le Lézard ( ou
la Salamandre) : du 14 mai au 13 juin ;
Yulyu : ( juillet) : la
Mouche : du 14 juin au 13 juillet ;
Ghust ( ou Awussu : août)
: l'Abeille ; : du 14 juillet au 13 août ;
Amewan
: Automne.
Signe dominant :
la Maison (ou la Croix)
Shtember (septembre) : le Scorpion ; du 14
août au 13 septembre ;
Tuber (octobre) : l'Escargot ; du 14
septembre au 13 octobre ;
Wamber (novembre) : le Poisson ; du 14
octobre au 13 novembre.
Source:imazighen06
10 janvier 2008
Restauration de tableaux au musée des beaux arts d'Alger
Un
Limousin au musée des beaux arts d'Alger
Bruno Tilmant-d'Auxy,membre du conseil international des musées,rend une nouvelle jeunesse aux tableaux.Il aurait pû s'installer à Paris,mais en 1974,il a choisi d'ouvrir un atelier à Château- Chervix,dans la Haute vienne,non loin de Limoges.Il a rendez vous avec ..un corot et bien d'autres,un peu partout(Pointe à pître,fort de France ou Alger..)Demain vendredi,il repartira à Alger,continuer une aventure commencée il y a un peu plus de deux ans.
Là bas,il
restaure des tableaux du musée national des beaux arts,un
musée qui permet une belle ballade dans les différentes
époques et qui intéresse le restaurateur à plus
d'un titre.Je m'intéresse particulièrement à la
conservation des oeuvres en milieu humide, explique-t-il.Or la
baie d'Alger a un climat très particulier.
Le musée
est construit sur un jardin(le magnifique jardin d'essai),sur des sources;il y a des des problèmes
de condensaion,et qui dit condensation,dit catastrophe annoncée
pour des tableaux qui ont déjà beaucoup vécu.
La collection ancienne du Musée a commencé à se constituer en1908 et 1914.
(Bien avant
l'inauguration du musée actuel
,le 5 mai1930, par le Président de la République Gaston
Doumergue pour la célébration du centenaire de la
colonisation).
Elle englobe six siècles d'histoire de l'art, comprenant des écoles italienne, suisse, rhénane, hollandaise et flamande, l'Ecole de Barbizon, l'Orientalisme.
On m'a construit un atelier,apprécie Bruno Tilmant-d'Auxy qui a déjà restauré sept tableaux du musée des beaux arts d'Alger.
En Algérie,il donne aussi des cours à des plus jeunes.L'un d'eux prendra peut-être sa suite dans son atelier,un jour.
Source:Le
populaire du centre et divers
Pour en savoir
plus sur lui:
http://limousinpatrimoine.free.fr/restauration%20de%20tableaux.html
Pour tout savoir sur le musée,cliquez ici:
page niveau 2, alger-roi.net
Vue du jardin d'essai depuis la terrasse du musée
08 janvier 2008
Alger-délabrement des immeubles du centre ville
Alger: Les racines d’une
ville ancienne:immeuble La Parisienne
Le temps des spéculations
67 immeubles ont été détruits dans la commune d’Alger-Centre depuis 1998. Un tralala semble entourer l’immeuble La Parisienne situé à la rue Sergent Addoun (ex-Monge), après son effondrement partiel le 30 décembre. Une pétition circule sur la Toile à cet effet.(voir Article -el wattan du 06/01/08Alger info)
Souami Mohamed Adel, architecte ,est enseignant à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger (EPAU) . Partisan de la sauvegarde de la Parisienne et de tous les immeubles d’Algérie considérés comme patrimoine national, il appelle à la réfection du bâtiment en question et la préservation de son architecture. «Par ce geste barbare de destruction d’une œuvre unique en son genre, nous nous inscrivons fatalement dans une logique anticivilisatrice», écrit-il (El wattan du 08/01/08)
Pour voir la pétition,cliquer ici:
Le problème ne date pas d'hier:
-extrait d'un article paru en 2004 sur Algérie-dz.com:
Le vieillissement du patrimoine à Alger est une réalité indéniable. Et pour cause, une massive et violente opération de démolition de quartiers entiers est actuellement de mise dans plusieurs endroits de la capitale.
(dimanche 28 mars 2004. )
Délabrement
La cause fondamentale du délabrement
des habitations à Alger est l’absence totale d’une prise
en charge du patrimoine immobilier. La loi 81-01 portant cession du
patrimoine immobilier a vu la disparition de la fonction de concierge
et autres syndics d’immeubles. Cette loi n’a pas permis la
poursuite des actions élémentaires d’entretien.
Ajoutez à cela, la faculté d’user et d’abuser de
tout type de transformation que le citoyen a apporté au
patrimoine devenu une propriété privée en
l’absence totale des autorités. Le patrimoine immobilier
d’Alger est en danger.
Ce patrimoine se trouve actuellement
dans une fragilité qui risque, à la moindre secousse
tellurique, de connaître une catastrophe.
Ameziane Mokrane, L’expression
(Source:le web pedagogique)
Les immeubles construits sous le Second Empire occupent une place importante dans l’image du paysage urbain.Leur uniformité a immédiatement frappé les contemporains
1)Quel était leur hauteur maximale? La hauteur devait être proportionnelle à la largeur de la rue: les élévations maximales sont de 11,80 ou 14,60m pour les voies anciennes inférieures à 7,80m ou 9,74m. La hauteur peut être portée sur les boulevard de 20 mètres de large, à 20 mètres à condition que l’immeuble ne comprenne pas plus de 5 étages .
2)Quelles obligations devaient être respectées pour leur construction? Quel est l’ idéal haussmanien? Les maisons de chaque îlot devaient avoir les mêmes hauteurs d’étage et les mêmes lignes principales de façade, des façades à pierre de taille, avec balcons, corniches et moulures afin que l’îlot forme un seul ensemble architectural. L’immeuble haussmanien ne doit pas comporter plus de 5 étages au dessus du rez -de chaussée. L’emplacement de la cour des immeubles est précisément figuré dans le plan de la parcelle au moment de la vente.
3)Combien d’étages comprend - il?
Il comprend 5 étages au dessus du rez de chaussée
les balcons se trouvent souvent au 1 étage et au 4 e au dessus
du soubassement (avec entresol et boutique) le rez de chaussée
peut être occupé ou non par des boutiques; le bel étage
correspond au 2ème niveau au dessus du rez de chaussée;
il comprend souvent un balcon filant sur toute la façade.
la décoration: Les pilastres limitant latéralement la façade, pourtant préconisés dans les cahiers des charges, sont plutôt rares .D’une manière général ,les balcons deviennent plus nombreux et la décoration plus riche avec le temps.
4) De quel côté se trouve se
trouve l’enfilade? quelles pièces comprend -elle?
L’enfilade (succession linéaire de pièces
desservies par une batterie de portes longeant la façade ),
située en façade, dessert les pièces de
représentation: un salon , une salle à manger et une ou
plusieurs chambres.
5) Qui y habite? Cette enfilade existait déja dans les hôtels particuliers habités par la noblesse au XVIIIème siècle; on la retrouvera dans les demeures de la haute puis de la moyenne bourgeoisie.
Description d’une façade d’immeuble: 1. Rez de chaussée qui peut comporter ou non des boutiques. 2. L’enfilade(succession linéaire de pièce desservies par une batterie de portes longeant la façade)se trouve au 2e étage au dessus du rez de chaussée, appelé aussi «le bel étage».Il s’agrémente souvent d’un balcon filant sur toute la façade. 3.Le 3e étage comporte aussi des balcons mais pas tous filants et aussi des travées. 4.Le 4e étage comporte des balcons filants. 5. Le dernier étage comporte des balcons; c’est une attique légèrement en retrait.
05 janvier 2008
Alain Mimoun en corrèze
Le centre sportif de Bugeat
Situé à
720 m d’altitude, le site du centre sportif fut découvert
par le champion olympique de marathon Alain Mimoun,qui a participé
activement à la création de ce centre..
Ce lieu
implanté au sein des forêts, lacs, montagnes et
tourbières du Plateau de Millevaches est idéal pour
l’entraînement sportif de haut-niveau et la préparation
aux grands événements.
C'est également
un cadre propice à la récupération et la remise
en forme.
Centre associé du C.R.E.P.S. du Limousin,
bénéficiant des agréments du Ministère de
la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative et de l'Éducation
Nationale, l'Espace 1000 Sources Corrèze, propriété
du Conseil Général de la Corrèze, est déjà
un lieu identifié par les clubs de haut-niveau français
et certaines fédérations sportives parmi lesquelles la
boxe anglaise, le triathlon…
Quelques mots sur Alain Mimoun:
Né au Telagh,en Algérie en 1921,engagé dans l'armée en 1939, il participe à la libération de la France comme sous-officier dans le 83e bataillon du génie. Il y gagnera la Croix de guerre avec quatre citations."
Sa carrière sportive:
85 sélections en équipe de France
En 1966,à 45 ans,il décide d'arrêter sa carrière internationale. Actuellement,il vit une retraite paisible à Bugeat,dans cette corrèze qui est aussi ma terre d'adoption.
Son palmarés:
Champion de France:
1947:5000 et 10000m.
1949:5000 et 10000m.
1950:10000m.
1951:5000 et 10000m.
1952:5000 et 10000m.
1953:5000 et 10000m.
1955:5000 et 10000m.
1956:5000 et 10000m.
Records de France:
2 miles:9'01''08
3 miles:13'54''6
5000m:14'07''4
6 miles:28'19''
10000m:29'13''4
15km:46'21''3
20km:1h01'56''4
Champion de France de cross:
1949-1952-1955-1956
Championnats d'Europe:
2ème sur 5000 et 10000m
Jeux Olympiques:
2ème sur 10000m en 1948
2ème sur 5000 et 10000m en1952
1er au marathon en 1956-2h25-médaille d'or
Au marathon, Alain Mimoun (FRA-athlétisme) affronte Emil Zatopek (CZE-athlétisme) qui l'a toujours battu aux Jeux Olympiques. Cette fois-ci, juste avant la mi-parcours, Mimoun s'échappe, pour gagner la course avec une minute et demie d'avance. A l'arrivée, il attend alors son vieux compagnon Emil Zatopek, qui termine en sixième position.
Pour écouter sa déclaration à l'arrivée:
C'est simple, Quand il fut invité par le CIO Australien en 2000,à Melbourne,sur les lieux de son exploit,avant les JO de Sydney,il fut reçu comme un chef d'état!!
01 janvier 2008
une visite en corrèze
Les gabarriers de corrèze et le vin de Bordeaux
Autrefois les bateaux circulaient sur la Dordogne. Il y avait des bateaux de pêche et des gabarres, conçues pour le commerce.
Sur la haute-Dordogne, à partir d’Argentat (en Corrèze), on fabriquait des bateaux plats qui servaient à transporter le bois (merrain, madriers, carassonnes) vers les tonnelleries du pays bas.
Il y avait plusieurs types de gabarres. Cela dépendait surtout de la profondeur de la rivière.

Argentat
était le port de rassemblement des gabares descendues de
I’amont, du haut pays, et qui y arrivaient en général
à demi chargées par suite de difficultés du
parcours. On complétait là leur cargaison et, après
un arrêt de trois ou quatre jours et un pèlerinage à
Sainte Madeleine qui se terminait par une longue procession jusqu'au
quai, elles repartaient en flottes plus un moins nombreuses.
C'étaient alors sept, huit, une douzaine, parfois plus, de
bateaux se suivant en file, qui descendaient ainsi vers l'aval, vers
Souillac, Limeuil, au confluent de la Vézère , La
linde, Bergerac, et parfois jusqu’à Libourne. Avec le
courant, le voyage était rapide, de quatre a six jours,
parfois huit d’Argentat à Bergerac. Certains bateaux pour
mieux vendre leur cargaison, continuaient au-delà, jusqu'au
confluent du Bec d’Ambès, pour remonter jusqu'à
Bordeaux avec la marée. Mais ces voyages étaient
exceptionnels.
Arrivé à destination, le bateau était vendu avec sa cargaison, soit à part, au quart ou au cinquième de sa valeur d’origine. S’il était encore en bon état, il était parfois conservé, après avoir été renforcé, pour servir d’allège. Sinon, il était " déchiré ", c’est-à-dire démoli, pour fournir du bois de chauffage ou de clôture.
A partir de SAINTE-FOY, la rivière est plus profonde et le commerce des vins était dominant. On utilisait alors des gabarres avec des coques arrondies et beaucoup plus belles. On les chargeait avec du vin et des pierres de carrière. Elles allaient à BORDEAUX pour vendre leur cargaison. Dans le port de Bordeaux, il y avait des gabarres venues de la haute Dordogne et de magnifiques trois mâts venus d’ Amérique. Les échanges se faisaient sur le port. Le vin partait pour la Hollande ou l’Angleterre. Les gabarriers achetaient les produits exotiques (sucre,café,tabac,coton,indigo) mais aussi du sel, des céréales....qu’ils ramenaient au pays.Aujourd'hui,il subsiste quelques gabarres,dont certaines à moteur qui servent uniquement à des promenades touristiques.
Négociant
en vins de grands crus
Pour les habitants du plateau de
Millevaches, région de Meymac, d'Argentat, à l'origine
paysans ignorant tout du vin, ils se sont faits négociants en
crus de Bordeaux, certains réussissant à vivre sur
place, d'autres sont allés jusqu'en Belgique pour la vente de
porte-à-porte et sont parvenus finalement à acheter de
la vigne et s' implanter par ce moyen dans le bordelais.
Le parcours du précurseur Jean Gaye-Bordas (1826-1900) vaut le détour.
Jean Gaye-Bordas dit
"barlet" (petit tonneau) fut le créateur du négoce
en vin de Meymac...
II naît dans un petit village, Davignac,
près de Meymac, au début du XIXème siècle
en 1826.
Comme tous les jeunes paysans de ce pays pauvre, il fait
face à de nombreuses difficultés. En effet, à
cette époque, certains partaient à Paris comme cochers
de fiacre tandis que d'autres travaillaient dans la forêt des
Landes. Lui, ne sait ni lire ni écrire mais il a l'esprit vif,
son oeil pétille d'intelligence, et il a le port altier. II
devient, tour a tour, colporteur, marchand de parapluies, chiffonnier
et se retrouve à Bordeaux où il vend les lampes à
pétrole du milliardaire Rockefeller. Il remarque qu'un
greffier de la région envoie du vin à un de ses frères
à Lille. Il saisit alors l'opportunité de vendre du vin
de Bordeaux dans le nord sous I'étiquette
"Meymac-près-Bordeaux". II suit les vendeurs de
toile qui remontaient vers le Nord et en profite en même temps
qu'il place ses lampes pour placer son vin. Le succès fut
immédiat et ce fut le début de la richesse. Quelle
était sa technique ? Il se présentait dans le Nord du
pays comme un vigneron écoulant lui-même sa production.
Ses bons de commande étaient de simples bouts de papier sur
lequel le client inscrivait son nom. Après quoi il revenait en
Corrèze, faisait expédier la marchandise et ce n'est
que lors du voyage suivant qu'il encaissait le prix de la vente. Il
proposait un vin qu'il ne possédait pas et dont il n'avait
même pas un échantillon. Pour mettre ses interlocuteurs
en confiance, il parlait d'une appellation qui allait devenir célèbre
"Meymac-près-Bordeaux"
Il avait ouvert la voie, bien d'autres vont s'y engouffrer qui vont réussir de forts coups commerciaux. Avant la fin du XIXème siècle le massif central est une région viticole importante : le phylloxéra n'a pas encore frappé et la production de "piquette" est importante; la consommation locale est réduite par l'insuffisance de moyens, il faut donc l'écouler. Il s'établit au fil du temps le circuit suivant : nos négociants affrétent des gabares puis des wagons pour descendre, vers Libourne et Bordeaux, les merrains nécessaires aux tonneliers. A Libourne et Bordeaux, après qu'on leur ai apprit que leur "piquette" en était vraiment et qu'il n'y avait aucun débouché pour elle, ils achètent du "Bordeaux" pour le ramener via Meymac et le vendre à Paris et plus haut dans le nord, en Belgique, puis via la Belgique au Royaume-Uni .
(source:19 corrèze)


















