17 mai 2008
La plaine célèbre d'Alger
Mairie de Boufarik
La Mitidja
Il s'agit d'une plaine du centre de l'Algérie,aux limites précises.Elle s'étend du petit massif côtier du sahel,tout prés de la méditérranée au nord,jusqu'à l'Atlas Tellien au sud.Si on la limite par des localités,elle va de Marengo à l'Ouest,jusqu'à Larba à l'Est,sur une distance approchant les 100Km à vol d'oiseau,et de Zeralda au Nord jusqu'à Blida au Sud,sur une largeur bien moindre,de l'ordre d'une trentaine de Km.Si bien que la superficie de la Mitidja est d'environ 3000 Km2,c'est à dire la moitié d'un département Francais moyen.
Cette
plaine s'ouvre largement à l'Est,sur la mer,entre Alger ,qui
en est à la fois la porte d'entrée etl'éxutoire,et
Maison carrée.Elle finit à l'Ouest,sur les versants du
Sahel et les contreforts du Zaccar,massif qui la sépare du
bassin du Chélif.C'est un ancien golfe marin que les alluvions
transportées par les rivières descendant de l'Atlas,ont
amené dans la cuvette géologique.Sa pente est faible et
son altitude modérée(de 50 à 200 mètres).La
montagne qui,au Sud,domine la Mitidja,est un fragment de l'Atlas
Tellien qui présente deux aspects très pittoresques:le
Bouzegza à l'Est et l'Atlas Blidéen à
l'Ouest.Celui ci a comme point culminant,le Kef Sidi Abd El
Kader(1629m) dans le djebel Gerroumene d'où l'on jouit d'un
magnifique panorama.Plus à l'Ouest,le Djebel Mouzaïa
n'est pas très loin avec 1604 m.Ces montagnes n'étant
qu'à une trentaine de kilomètres de la mer,la
pluviosité est importante et l'hiver la neige les recouvre.
On
peut distinguer deux Mitidjas: la Mitidja de l'Est ou Basse
Mitidja,en direction de la Kabylie,et la Mitidja de l'Ouest ou Haute
Mitidja,en direction de l'Ouarsenis.En 1830,au début de la
conquête par l'armée Française,c'était une
plaine marécageuse que les fièvres et les pillards
semblaient rendre à tout jamais inhabitable.Citation du
Général Duvivier:''Des plaines,telles que l'infecte
Mitidja,sont des foyers de maladie et de mort.L'assainir? On n'y
parviendra jamais.Boufarik est un malheur!il y a là une petite
population qu'il faut empêcher de s'épandre''.
Pendant
longtemps on disait d'un visage rendu livide par la fièvre:''C'est
une figure de Boufarik''.
Malgré
la quinine et l'hôpital,la mortalité était énorme
dans cette bourgade en plein centre de la Mitidja.Le seul mois
d'octobre 1840 voit mourir 48 fiévreux sur 400 habitants.Les
drainages,la lutte contre la malaria,le courage des survivants,firent
peu à peu de cet hinterland d'Alger(ville cliente et port
d'exportation)une terre saine et propre à toutes les
cultures,notamment méditerranéennes.
Au
début,ce furent les cultures maraîchères et
vivrières qui furent produites.Quand à la vigne,elle
prit une grande expansion,dans les années 1870,suite à
la crise due au phyloxera, en métropole.La Mitidja devint la
terre d'election des
agrumes(oranges,mandarines,clémentines),arboriculture très
rémunératrice(le tiers de la production
Algérienne).D'autres cultures à forte rentabilité
,comme le tabac et les plantes à parfums s'y ajoutèrent.A
part Blida et Boufarik,la population s'établit dans de petites
villes(dîtes de colonisation..),de gros villages et de fermes
isolées.
Source:Jack Roussel
Pour en savoir plus sur la Mitidja,voir(sîte des Arbeens-préface d'henri Pello):
Un peu d'histoire
Chanson:''les filles de Boufarik''
Naissance
d'Orangina à Boufarik
Nous sommes dans les années vingt. L'Algérie se couvre d'orangeraies. Et c'est en visionnaire que Léon Béton, qui élabore et commercialise des huiles essentielles de lavande et de géranium, rassure les agriculteurs de sa région en quête de débouchés pour leurs fruits. Un voyage à la foire de Marseille, à l'automne 1935, va mettre fin à leurs lamentations : Léon Béton rapporte à Boufarik, petite ville de la plaine de la Mitidja au sud d'Alger, la fameuse formule, fruit de sa rencontre avec un pharmacien de Valence.
Le docteur
Trigo Mirallès vient en effet de mettre au point un
concentré de jus d'orange, appelé Naranjina («petite
orange» en espagnol).
La bouteille, composée d'un
flacon ventru, contient du concentré d'orange et est
surmontée, en guise de bouchon,d'une fiole renfermant de
l'huile essentielle d'orange.
C'est ce mélange, additionné
d'eau sucrée puis gazéifié, que le Dr Trigo
baptise "Orangina, soda de Naranjina", en 1936.
Cette année-là,
le produit, déjà enfermé dans une bouteille
granuleuse et ventrue comme une orange, est présenté à
la foire d'Alger. 1937 : le Dr Trigo vend sa recette à Léon
Béton, qui commercialise le produit en Algérie avec un
succès immédiat. Un succès interrompu par la
guerre d'Espagne, d'où est importé le concentré,
puis par la Deuxième Guerre mondiale.
C'est à
Jean-Claude Béton, jeune ingénieur agricole qui a
repris les activités de son père en 1947, que l'on doit
la concrétisation des projets de Léon Béton.
Chargé de l'exploitation de la marque Orangina pour la France
et ses colonies, il fonde en 1951 la Compagnie Française des
Produits Orangina (CFPO) et la dirige jusqu'en janvier 1990 . Le 23
janvier 1951, Naranjina Nord-Afrique sort ses premières
fabrications dans l'usine de Boufarik, offrant enfin leur débouché
aux orangeraies de la région.





