18 novembre 2008
L'Algérie à la BFM de Limoges
BFM de Limoges
Actuellement,à la Bibliothèque mutimédia de Limoges a lieu une expo en rapport avec l'Algérie. On y découvre des aquarelles,dessins et lino gravures de Jean Pierre Bigon,soldat appelé en Algérie ,ainsi que des poèmes d'Antoine Scicluna, français de Tunisie(ancien combattant 39/45 de la 1ère DFL)et des textes en rapport avec notre pays. Celui ci de Marie Elbe,m'a interpelé:
Pieds noirs: une joie d'exister brisée
Peut
être fallait il chercher dans la terrible difficulté des
premiers jours de la colonisation,une joie d'exister typiquement pied
noir. Ils nous prenaient chez eux,perpétuellement à
témoin de ce qui était saveur,beauté du
ciel,parfums,bien être..Ce qu'éprouvaient déjà
leurs pionniers d'ancêtre,à l'ombre du premier arbre
planté,à l'abri du premier toit posé,les mains
dans l'eau du premier puits foré,les pieds dans la motte du
premier sillon tracé. Ces émerveillements et ces
jouissances n'avaient pas eu le temps de s'émousser.
Leur univers?Il s'étirait entre une mer bleue,devant laquelle ils avaient dressé leurs villes éclatantes,et une mer jaune..le Sahara. C'était une île en quelque sorte où essaimaient des villages dont les noms français formaient un hymne à la gloire du sabre,de la plume et du goupillon:Changarnier,Voltaire,Bossuet,Duvivier,Affreville,Victor Hugo. Dans ce pays si vaste,la France était étrangement partout: une rue,une école,une église,la mairie,un marché,les Français au milieu,avec leur gaîté,leur acharnement,leurs conseils. Les Arabes se risquant,installant la mosquée pas loin de l'église,puis des rapports de bon voisinage,des amitiés nouées entre les hommes,sous un ciel qui n'épargnait ni les uns,ni les autres. Chez les Arabes,il y avait la nonchalance maghrébine de ceux qui laissent longtemps macérer leur fatalisme au soleil. Ils remâchaient la confidence,ou bien l'insulte. Nous étions des gens de toute sortes,avant qu'un malheur commun nous modifiât au long de ces huit années de tumulte. Il y avait les gros colons,parfois odieux,les petits colons,parfois communistes,les libéraux infiniment plus nombreux,et que les violences,parfois,rejetèrent dans le camp des''ultras''.
Il y avait ceux qui se contentaient des grands principes,vivant avec une belle sérénité,dans une superbe ignorance des Arabes(à part leur Mozabite épicier et leur femme de ménage) et ceux qui se laissaient porter par les élans de leur cœur.
Voilà ce que nous étions avant que la tornade vint secouer nos belles certitudes: une race adolescente,qui n'allait pas comprendre ce qu'on lui demandait d'expier,le couteau sur la gorge,et dont la révolte irait finalement jusqu'au suicide.
Témoignage de Marie Elbe(historia magazine)
Marie Elbe est une compatriote et a écrit plusieurs livres dont:

"A l’heure de notre mort" a été écrit et édité en 1965 avec un succès considérable, car beaucoup y ont reconnu l’expression même de leur drame. Trente ans plus tard, Marie Elbe, qui a vécu les angoisses du bled, le délire des villes, la furie des rues, l’a refondu et amplifié d’une mémoire intacte, celle de leurs mots, de leurs gestes, de leur douleur, de cet amour immense qu’ils portaient à leur terre et de leur brutal déracinement. Le roman témoin d’une tragédie...
10 novembre 2008
Limoges et le colloque sur l'hispanité en Oranie
Limoges et l'hispanité en Oranie
Le colloque s'est tenu les 4 et 5 novembre 2008, à la bibliothèque de la Faculté des Sciences du campus Professeur M.S. Taleb (Oran). Consacré à l’œuvre d’Emmanuel Roblès, le colloque a abordé l’hispanité en Oranie ou l’impact de la culture espagnole dans la région et l’apport d’Emmanuel Roblès, intellectuel oranais de tout premier ordre.
En effet, Il n’est que de se promener dans Oran et en Oranie pour mesurer la dimension profondément hispanique de l’Ouest algérien: de Tlemcen l’andalouse aux arènes d’Eckmühl tout un passé, lointain ou plus récent, rappelle cet impact historique. C’est la proximité, géographique avec la péninsule ibérique qui favorisa, tout au long du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe, une forte immigration en Oranie.
Dans les années
30 la guerre civile espagnole fit longuement débat dans
l’ouest algérien où se réfugièrent de
nombreux républicains après la victoire du franquisme.
Emmanuel Roblès, né à Oran en 1914, de père
et de mère espagnols, incarne cette disponibilité
oranaise.
Fondateur en 1947, à Alger, de la revue Forge à laquelle ont collaboré Mohamed Dib, Yacine Kateb, Jean Sénac, Ahmed Sefrioui, Malek Ouary... , contemporain du cinéaste espagnol Luis Buñuel avec qui il réalise le film : Cela s’appelle l’aurore, il reçoit le prix Femina en 1948 pour Les hauteurs de la ville et entre en 1973 à l’Académie Goncourt. A la suite des hommages rendus à Jean Sénac en 2004 et à Albert Camus en 2005, des personnalités oranaises telles que Kouider Métaïr, Brahim Hadj Slimane, Yaya Belaskri avaient émis l’idée de consacrer un colloque à l’œuvre d’Emmanuel Roblès et grâce aux efforts conjugués de l’université d’Oran et du Centre culturel français d’Oran, et grâce au soutien du fonds Roblès-Patrimoine méditerranéen de l’université Paul Valéry de Montpellier, de la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges (pôle associé de la Bibliothèque nationale de France) et de l’Institut Cervantès, ce colloque a vu le jour.
Source:.lecap-dz.info
08 novembre 2008
Débarquement américain en Algérie-1942
Souvenirs d'un Algérois,l'année de ses 14 ans
8
novembre 1942, ce que j'ai vu de mon balcon de la rue Sadi-Carnot, à
1500 mètres environ de la page d'Histoire qui allait se
produire.
Cette nuit là mon Père vint me
réveiller''Entends ce bruit bizarre qui vient de la mer, je me
levais et nous allâmes sur le balcon, effectivement un
bourdonnement imperceptible venant de l'horizon se faisait
entendre.
Ce bruit inquiétant et sourd se rapprochait, nous
avons devinés plus tard que c'était celui de centaines
de moteurs, le jour commençait à se lever, et alors
spectacle inouï nous avons vus sur la mer bleue ce que nous
pensions être des ballons dirigeables, il y en avait des
centaines (C'EST QUOI). Ces ballons avançaient en grossissant, et
soudain, sous chacun d'eux naviguait un bateau, il y en avait une
multitude. Chaque ballon était relié par un câble à
un bateau, nous avons appris par la suite qu'ils étaient
destinés à éviter que des avions ennemis les
survolent et coulent ces bateaux.
Nous allumons notre poste de TSF
à lampes PATHE-MARCONI LA VOIX DE SON MAITRE que je possède
toujours en état de marche (je ne veux pas faire de publicité)
Radio Alger nous apprend qu'un débarquement Américain
était en cours.
Je revois un sous-marin français
sortir de l'arrière-port et plonger,presqu'aussitôt un
avion anglais (cocarde de la R.A.F) le survoler et lâcher 3
bombes (gravées encore dans ma mémoire). Anxieux nous
attendions l'explosion qui ne se produisit pas, la cible avait été
ratée, puis un torpilleur Américain fonça sur le
barrage de chalands acheminé en hâte afin d'empêcher
l'entrée de l'arrière port et le détruisit ,
alors il se mit à tirer sur l'ambassade Allemande située
dans la villa Susini, (drapeau à croix gammée au vent)
sur la colline (ou nous faisions auparavant voler nos cerfs
volants)surplombant le Hamma à environ 1000 mètres à
vol d'oiseau de mon balcon.
L'artillerie défendant
l'ambassade riposta et toucha le bateau, je le revois endommagé,
les obus sifflaient au dessus de nos têtes, nous avions
l'insouciance de nos 14 ans et assistions inconscients à la
page d'histoire qui se déroulait.
Des soldats Américains
arrivaient sur le trottoir longeant les ateliers des chemins de fer,
puis des soldats Français sont venus à leur rencontre,
l'Armée d'Afrique allait renaître, celle qui prit une
très grosse part dans la libération de la France,
Merci
à André Vincent,pour ce très joli texte.Voir message intégral sur:
En ce qui me concerne,j'allais avoir un an! Peu de temps aprés le débarquement,mes parents m'ont baptisé et ont pu faire une fête grâce à l'apport de victuailles d'amis américains. J'ai toujours une médaille représentant trois anges offerte par un pilote américain.
07 novembre 2008
Les Foggaras et le metro de Bordeaux
Les Foggaras
Le 25 novembre prochain Alain Juppe ,maire de Bordeaux va inaugurer une station de metro à Blanquefort,qui s'appellera ''Timimoun''.(source:El Wattan) Blanquefort est jumelé avec Timimoun,mais peut être est ce en pensant à ces galeries creusées pour l'irrigation que l'idée a pris corps.......
Les régions algériennes de Touat et Gourara --qui couvrent une surface de la taille de la France (400 000 kilomètres carrés) -- font partie des régions les plus chaudes qu'il y ait sur la terre, avec des températures, pendant l'été, qui atteignent 50°. Les grands plateaux du désert sont entourés du Grand Erg Occidental, une océan de dunes de sable de plus de 2500 kms².
Le Touat et Gourara sont des oasis à Foggaras. Des galeries souterraines ont été creusées dans les couches des grés du continental intercalaire. Elles pénètrent dans la partie supérieure de la nappe et assurent l’écoulement de l’eau par gravité vers les dépressions basses ou sont plantés les palmiers. Ce sont des galeries drainantes, reliées au sol par des bouches d’évacuation suivant une technique archaïque qui remonte au 1 er millénaire de notre Ere. Le système est partie intégrante du paysage et de l’organisation sociale de la région. Les populations sédentaires de ces deux régions sont éparpillées dans une multitude de petits ksour Adrar et Timimoun en sont les capitales.
Les oasis disséminées sur ce vaste territoire survivent grâce aux eaux des nappes phréatiques. Ces eaux souterraines profondes viennent occasionnellement à la surface, les résidents creusant des puits dans ces coteaux aquifères et développant des réseaux souterrains pour irriguer les oasis. Cette méthode d'irrigation, appellée Foggaras, avait été créé à l'origine par les Babyloniens, les Perses et les Arabes, et est apparu dans les régions de Touat et de Gourara au 10ème siècle.
Historiquement, la distribution de l'eau par les foggaras a été déterminée en allouant à chaque propriétaire une contribution à la construction et à la maintenance du système d'irrigation. Les quotas d'eau étaient enregistrés dans des répertoires et transmis de génération en génération depuis 11 siècles.
Sources:Magharebia.com - unesco.org
En savoir plus,Voir: UN SYSTÈME D’IRRIGATION ORIGINAL:










