Comme ils le font tous les soirs, de nombreux Européens de la capitale écoutent  la radio...

 

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Il est 20 heures 30, ce 17 juin 1962 à Alger. Ceux qui ne sont pas au courant des négociations qui se tramaient depuis plusieurs semaines entendent, stupéfaits, un porte-parole annoncer d’une voix grave:

« Aujourd’hui, 17 juin, à midi, à l’issue d’entretiens auxquels l’OAS a participé, le FLN vient, par la voix de son délégué général, de définir les bases d’un accord entre Algériens. Le haut commandement de l’armée secrète donne l’ordre à partir de ce soir de suspendre les combats et d’arrêter les destructions».
Il avai été seulement convenu que Mostefaï, Susini et Chevallier prendraient la parole officiellement pour se féliciter de la fin des hostilités. Il faudra malgré tout encore plusieurs jours, et une nuit,  pour que Mostefaï accepte de citer le nom de l’OAS dans son allocution. Ce qu’il fera le 17 juin en s’adressant directement aux Européens d’Algérie:
«C’est une page de l’histoire de notre pays que nous allons tourner […] Je sais le désarroi  dans lequel vous êtes. Vous vous posez des questions sur votre avenir dans ce pays. Ces sentiments ont été exprimés   par les dirigeants des organisations syndicales et professionnelles, et en particulier par les dirigeants de l’OAS, avec lesquels nous nous sommes entretenus. Si j’ai participé à ces entretiens, c’est parce que leur utilité  a été reconnue par les dirigeants algériens».

C’est dit! 

«Algériens d’origine européenne, conclut Mostefaï, au nom de tous vos frères algériens, je vous dis, que si vous le voulez, les portes de l’avenir s’ouvrent à vous comme à nous. Que ce soir, que demain cessent les dernières violences, les derniers meurtres, les dernières destructions ».

Le porte-parole de l’OAS lit d’abord deux messages codés, dans le style de Radio-Londres. «Pour le renard des sables et pour le fennec : les briquets ne doivent pas être allumés» (traduction: on ne fait pas sauter les puits de pétrole) et «Les piscines doivent rester pleines» (Ne pas toucher aux barrages).

D’une voix grave il annonce alors que les dirigeants de l’armée secrète ont décidé de suspendre les combats. La guerre d’Algérie est terminée. Et Alger n’a pas brulé.

 Cet accord ne suffira pas à rassurer les Pieds Noirs. Ils n’y croient plus et quittent à jamais l’Algérie. Jean-Jacques Susini partira, lui, à la mi-juillet pour poursuivre une vie de clandestin. Condamné deux fois à mort par contumace, notamment pour avoir commandité l’attentat du Mont Faron contre le général de Gaulle en 1964, il sera amnistié en 1968. Il vit actuellement à Paris.

Le docteur Mostefaï,  à qui on reprochera longtemps ces négociations avec l’OAS, vit entre Paris et Alger. Jacques Chevallier, qui avait choisi la nationalité algérienne, est mort à Alger en 1971.

José-Alain Fralon

Source :http://www.slate.fr/story/57767/guerre-algerie-oas-fin

Pour la petite histoire : Les accords de dernière heure survenus entre JJ Susini(OAS) et le Dr Mostefai(FLN) ont été surnommés "accords de Ben Haroun",par dérision par rapport aux accords d'Evian,trois mois plus tôt.....

Plus de détails ici

- PDF→Accord_OAS_FLN_17_juin_1962_1

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chawki_Mostefa%C3%AF

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Susini

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chevallier

Revoir :  http://algerazur.canalblog.com/archives/2012/06/17/24325562.html