Nèfle

 

Ces deux textes résument à merveille le ressenti des éxilés ,(volontaires ou obligés hélas)

-A mesure que la vie passe,la griserie de la Métropole s'évanouit et l'Algérie revient,J'aime l'écouter bruire en moi comme une source que la poussière des années n'a pas réussi à altérer,Peutêtre n'y aije pas toujours été heureux-l'ombre de la guerre recouvrait souvent les terrasses-,mais je crois avoir tout appris là-bas,dans le parfum des blés et des nèfles gorgées de suc : le goût du plaisir,la volupté de l'instant,laliberté des gestes et des paroles,Sans doute suis-je enclin à tout mythifier-les rues,le ciel et les belvédères-,mais j'ai besoin de cet idéal,même perdu,pour continuer à rêver sur son absence,et donc écrire,

Jean Noël Pancrazi

né à Sétif en 1949

 

-Les racines, c'est un peu comme si on replongeait en apnée dans la mémoire. Le souffle est alors obligatoire sinon les larmes remontent à la surface.

Le Pays qui vient de loin
[ André Bucher ]