Algerazur

ce blog est dédié à ma marraine Renée,décédée à l'age de 23 ans ,qui repose au cimetière d'hussein dey sur cette terre d'algérie ou je suis né.ce sera un lieu d'échange et de souvenir

01 juillet 2007

Ete 1962 -l'exode

D_part_d_alger_1962ETE 1962 DEPART

 

Je m'étais levée, ce jour-là, encore plus tôt que le soleil. Je ne pouvais voir que son halo, d'un rose éclatant, qui couronnait le Cap, et, j'attendais avec anxiété l'instant où il surgirait derrière la roche sombre où je verrais pour la dernière fois l'éclat de sa lumière sur l'eau calme.
Pour la dernière fois, j'avais voulu profiter de ce spectacle magnifique : la baie, à l'aube d'une belle matinée de juillet.
Je voulais voir, en quelques heures, tout ce que j'avais regardé sans y prendre garde, pendant tant d'années.
Tout me semblait maintenant si beau !
La mer si limpide !
Le ciel si bleu !
Je voulais tout fixer dans ma mémoire et ne jamais perdre un seul détail de ce merveilleux paysage.
Je me voyais vivre dans cette grande maison.
Je me voyais courir sur cette grève, sur ces chemins de terre. Je les connaissais tous, je les avais parcourus tant de fois !
Tant de fois, j'avais gravi cette falaise, que je sentais encore la morsure des roches déchiquetées, sur mes mains, sur mes pieds.
Je revoyais toute mon existence, toute cette vie au grand air, sans contrainte, pleine de soleil et d'insouciance.
C'était cela qu'il me fallait quitter
Jamais plus je ne reverrai ces petites maisons espagnoles pleines de dentelles et de figures saintes, ces pins, ces champs arides, ces horizons, cette plage enfin, où j'avais passé tant d'agréables moments.
J'allais quitter ma maison, mes habitudes, tout ce qui m'était cher.
Non ! Je ne pouvais pas tout abandonner !
Pourquoi, cette journée, si semblable aux autres, était-elle la dernière que je vivais dans ce pays ?
Le soleil montait, insensiblement, et avec lui, la vie reprenait, toujours la même.
Le vieux Juan apparut tout en haut du chemin. Il marchait, pieds nus dans ses sandales, à côté de son âne, dans la poussière dorée et chantait toujours sur le même air, d'une voix que l'habitude avait rendue inintelligible, " uevos frescos, uevos frescos... ". Pourtant, cette voix familière avait, pour moi, un tout autre accent et je ne pouvais m'empêcher de pleurer, de pleurer sans contrainte.
Je n'étais pas fière de moi. J'avais honte de ces larmes qui ne me semblaient plus de mon âge. Il me fallait être courageuse et indifférente.
C'est pourquoi, je m'efforçai d'aborder mes parents sans une larme, en serrant les dents.
Mais combien de fois, je sentais des larmes, au bord de mes yeux, prêtes à submerger ce grand courage.
Je n'eus cependant guère le loisir de songer à mes malheurs ; pendant le reste de la matinée, je fus occupée à entasser, dans mon sac étroit, toutes ces babioles qui m'étaient si chères et que l'on m'avait défendu d'emmener. C'était vraiment un problème que de ranger dans si peu de place ce trésor inestimable, et il fallut faire, à regret, le sacrifice de quelques coquillages, et du collier de graines de courges auquel je tenais tant !
Je pris encore le temps de semer quelques miettes de pain près de la fourmilière, et d'arroser les lentilles que j'avais semées au pied du figuier.
Ces devoirs accomplis, je pouvais partir la conscience tranquille, mais le coeur encore plus lourd qu'auparavant.
La porte de la voiture claqua.
Un dernier regard à la baie, à la maison, et nous étions sur la route.
Les rangées de ceps, qui se perdaient en faisceaux au pied de la montagne, défilaient à toute vitesse devant mes yeux.
Très vite, nous arrivâmes à l'aérodrome où j'aperçus le grand avion hostile, qui allait me séparer en moins de deux heures, de tout ce qui avait été jusqu'ici MON PAYS.
La chatte dans son panier, me regardait misérablement. J'essayais bien de lui expliquer qu'on partait pour toujours ! Mais elle, ne pouvait comprendre, pas plus que je ne comprenais pourquoi l'on m'arrachait à tout ce que j'avais AIME.
Jeanine MOURAND 3ème B2

Ce texte est un devoir de classe de 3ème, proposé aux élèves d'un lycée de filles de Strasbourg après 1962. (Racontez un évènement qui a marqué dans votre vie). Il avait obtenu une très bonne note.
" Achaba " décembre 1978
 (Source:Algérianie.com)

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28 juin 2007

Le "Taouel"

Num_riser0004Le   «Taouel» 

Un de nos souvenirs d'enfance.Une branche enY,deux élastiques carrés ,de préférence,un morceau de cuir en bout,et on était fin prêts pour aller chasser les moineaux ou autre gibiers.

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26 juin 2007

Alger-notre "Champ de manoeuvre"

Alger__cole_de_parachutage_En 1950,pas encore de deltaplane! à Alger nous avions autre chose qui nous emmerveillait:la tour de l'école de parachutage du champ de manoeuvre,ce quartier cher à tous les Algérois,car lieu mythique ou  les cirques s'installaient lorsqu'il venaient.il y avait aussi les terrains de boules,les marchands de glaces et  de barbe à papa.C'était aussi un lieu de promenade ou les grands parents accompagnaient leurs petits enfants,ou les mamans promenaient les landaus.Non loin de là ,le foyer civique acceuillait les expositions.Lors de l'entraînement à la tour de parachutage,il y avait toujours  des spectateurs,en majorité des enfants qui laissaient voir leur joie à l'ouverture du parachute.

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23 juin 2007

Le premier vol du Concorde-2 mars 1969

Concorde_1er_vol_1969Carte_1er_vol_ConcordeAyant habité à Toulouse de 1963 à 1970,j'ai eu le privilège ,dans le cadre de mon activité professionnelle,de pouvoir assister au premier vol de ce bel oiseau.à cause du brouillard épais qui était sur la haute garonne la date initale n'avait pas pu être respectée ,mais aprés trois jours d'attente,cette merveille put enfin décoller.Au commandes,deux pilotes ,le français andré Turcat et l'anglais Trubshaww(si je me souviens bien du nom).ce fut un délire de joie parmi tous ceux qui se trouvaient là.à l'atterrissage,l'avion vint se garer derrière le hall d'embarquement.L'aéroport de Toulouse n'était pas encore ce qu'il est maintenant et les ailes se trouvaient à hauteur du restaurant( au premier étage)L'équipage fut alors acceuilli par une ovation et aprés la conférence de presse,je peux vous assurer que le champagne a coulé à flots!
Les_deux_pilotes_du_concordeTurcat_et_TrubshawConférence de presse des pilotes

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15 juin 2007

La main de fatma

main_de_fatmaAu Maghreb, les croyances magiques étaient d'une grande importance dans la vie quotidienne. Les talismans et amulettes permettaient l'expression de ces croyances, ainsi que le talent des artistes qui les façonnaient.

L'amulette telle la main de Fatma (khamsa) était portée (et l'est toujours) par les femmes musulmanes comme par les juives, par coquetterie ou par superstition

"La divine protection":

Dans la demeure de Fatima vivaient son père, le Prophète Mohamed, Fatima, son mari Ali et ses deux enfants, Hassen et Hussein. Ils se réunirent sous le même drap et Fatima se joignit à eux. Mohamed leva sa main droite et pria. Alors, l'Archange apparût et dit : Dieu veut vous libérer de votre souillure et ainsi vous purifier, et l'archange Gabriel (Djibriel) se joignit à eux sous le drap.

Représentation:

C'est la main droite levée, de face. La main transmet la puissance, la protection, l'offrande, ou la bénédiction. Symbole du don et du langage écrit. La main est l'une des plus vieilles représentations mythologiques connues dans le monde de l'Islam, jouant toujours le rôle protecteur contre le mauvais oeil.

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10 juin 2007

Le "parler pied noir"

Le mélange de cultures prend aussi son sens dans le parler Pieds Noirs : le Pataouète, mélange de plusieurs langues. Espagnol, italien, français, arabe… Ne pas confondre avec le sabir : français naturel parlé par les arabes avec leur accent et quelques déformations.
Le mot pataouète lui-même vient d'une déformation d'un mot Valencien qui signifie : "nous sommes du pays tous les deux". Les espagnols débarquant sur le port d'Alger s'interpellaient en se disant : "nous sommes pat'ouet".

Parler de rue, parler de la ville davantage que la campagne, le pataouète est avant tout un langage populaire.
Mais l'originalité de ce parler réside surtout dans sa multiplicité… parler spécifique, dont le fond français emprunte aux autres langues certains mots ou expressions, pour illustrer de nombreux domaines : la cuisine, la fête, les disputes, les injures, l'amour…
Nombreux sont les emprunts aux activités paysannes, aux interjections et à des impératifs, et aux injures.

Ainsi, il n'est pas étonnant de retrouver ce parler dans des domaines particuliers de la vie, qu'il illustre parfaitement avec ces emprunts de langage : cuisine, fête, bagarre, sexe, injures et grossièretés en tout genre, l'amour.

Le pataouète reflète ainsi la multiracialité de l'Algérie. Ce mélange s'accompagne de licences grammaticales formant des raccourcis parfois très imagés et des traits d'humour au 2ème degré.

Quoi qu'il en soit, aussi exagéré soit-il, le parler pieds noirs est un langage riche en couleur, qui traduit bien un certain mode vie, dont l'accent rayonne et ensoleille.

Justement, l'accent ! Les voyelles accentuées "é" et "è" sont simplifiées. Le lait, c'est "le lé" . Quant au "o" il n'en existe qu'un que ce soit "cause" ou "chose" ou "rose". A propos de rose, on ne dit pas comme Ronsard : "Mignonne, allons voir si la rose...", mais : "Ti'as vu comment qu'la rose elle est éclose, purée !".
Le "u" était parfois transformé en i comme on vient de le voir, pour former dans le même esprit, une diphtongue facile à prononcer. ("Ti'as", c'est quand même plus commode à dire que "tu as") .
Il en est de même pour dire un mot sans vraiment le dire. Par exemple : "La pitain". L'insulte n'était pas dite, mais tout le monde la comprenait quand même.
Le "v" était aussi parfois escamoté, pour ne pas fatiguer la bouche, sinon cela gâtait le goût de l'anisette. On disait "ouala, ouala! ti'es pas pressé, dis!

"Texte envoyé par Sabine Bachelet"

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04 juin 2007

Les Tchapp's

Bo_tes_d_allumettes_alg_rie_2bo_te_d_allumettes_Alg_rie_ La tchapp's,c'est tout d'abord la face imagée de la boîte d'allumettes..Pour jouer à ce jeu,on devait lancer les tchapp's vers le mur (à environ5 à 8 mêtres)que l'on nommait le paradis.Le joueur qui avait la tchapp's le plus prés du mur,gagnait le droit de lancer la boîte en l'air et si elle retombait,l'image face au ciel,il avait gagné!Un autre jeu consistait à placer une allumette entre deux autres placées de chaque côté de la boîte(entre le tiroir et le côté de la boîte)On enflammait cette allumette,ce qui avait pour effet de l'ejecter au loin...

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31 mai 2007

Atlas des poissons des côtes Algériennes

Atlas_Poissons_cote_algerienne_BrissonniereWilliam_brissonniereCe livre du docteur Gaueo Brissonnière sur la faune sous marine des côtes Algériennes,est illustré de planches peintes à la main.Je me souviens du docteur peignant dans sa véranda à la pointe nord de "Ras Acrata",à côté de la villa Jeaubert.Il acceptait que je vienne le regarder peindre les poissons et j'étais admiratif!

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La madrague-Villa imbert

1958Surplombant le port de la madrague,la maison Imbert,de style mauresque,se reconnaissait.Monsieur Imbert était imprimeur à Alger,marié à une femme charmante et d'une grande gentillesse.le couple avait deux filles.Pendant les grandes vacances ,je me souviens des réunions d'enfants,à la villa,ou monsieur Imbert nous passait des films muets  avec son projecteur(à manivelle si je me souviens bien)Nous,les petits,nous étions ravis!

C'est dans son imprimerie que fut édité le livre du docteur Gaueo Brissonière,sur la faune sous marine du bassin méditérranéen.Le docteur Gaueo Brissonière avait une maison à Ras acrata.Grand humaniste,il fut vice président de l'assemblée Algérienne et nos compatriotes le surnommaient "le médecin des pauvres",en égard à son dévouement.

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27 mai 2007

La madrague-la petite plage(1950/54)

le_port_de_la_madrague_et_notre_bateau_La petite plage ou nous allions nous baigner,chacun avec sa chambre à air qui nous servait de bouée.on surfait sur les vagues à plat ventre sur des plaques de liège ou  des planches.quelquefois nous faisions une course jusqu'à l'entrée du port!Quelle aventure.aprés la baignade,on se rinçait nos cheveux sous le robinet qui se trouvait en bas de l'escalier du"cabanon Anglade"(le petit immeuble à gauche de la photo)    

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