01 juillet 2007
Ete 1962 -l'exode
Je
m'étais
levée, ce jour-là, encore plus tôt que le soleil.
Je ne pouvais voir que son halo, d'un rose éclatant, qui
couronnait le Cap, et, j'attendais avec anxiété
l'instant où il surgirait derrière la roche sombre où
je verrais pour la dernière fois l'éclat de sa lumière
sur l'eau calme.
Pour la dernière fois, j'avais voulu
profiter de ce spectacle magnifique : la baie, à l'aube d'une
belle matinée de juillet.
Je voulais voir, en quelques
heures, tout ce que j'avais regardé sans y prendre garde,
pendant tant d'années.
Tout me semblait maintenant si beau
!
La mer si limpide !
Le ciel si bleu !
Je voulais tout
fixer dans ma mémoire et ne jamais perdre un seul détail
de ce merveilleux paysage.
Je me voyais vivre dans cette grande
maison.
Je me voyais courir sur cette grève, sur ces
chemins de terre. Je les connaissais tous, je les avais parcourus
tant de fois !
Tant de fois, j'avais gravi cette falaise, que je
sentais encore la morsure des roches déchiquetées, sur
mes mains, sur mes pieds.
Je revoyais toute mon existence, toute
cette vie au grand air, sans contrainte, pleine de soleil et
d'insouciance.
C'était cela qu'il me fallait quitter
Jamais
plus je ne reverrai ces petites maisons espagnoles pleines de
dentelles et de figures saintes, ces pins, ces champs arides, ces
horizons, cette plage enfin, où j'avais passé tant
d'agréables moments.
J'allais quitter ma maison, mes
habitudes, tout ce qui m'était cher.
Non ! Je ne pouvais
pas tout abandonner !
Pourquoi, cette journée, si semblable
aux autres, était-elle la dernière que je vivais dans
ce pays ?
Le soleil montait, insensiblement, et avec lui, la vie
reprenait, toujours la même.
Le vieux Juan apparut tout en
haut du chemin. Il marchait, pieds nus dans ses sandales, à
côté de son âne, dans la poussière dorée
et chantait toujours sur le même air, d'une voix que l'habitude
avait rendue inintelligible, " uevos frescos, uevos frescos...
". Pourtant, cette voix familière avait, pour moi, un
tout autre accent et je ne pouvais m'empêcher de pleurer, de
pleurer sans contrainte.
Je n'étais pas fière de
moi. J'avais honte de ces larmes qui ne me semblaient plus de mon
âge. Il me fallait être courageuse et indifférente.
C'est
pourquoi, je m'efforçai d'aborder mes parents sans une larme,
en serrant les dents.
Mais combien de fois, je sentais des larmes,
au bord de mes yeux, prêtes à submerger ce grand
courage.
Je n'eus cependant guère le loisir de songer à
mes malheurs ; pendant le reste de la matinée, je fus occupée
à entasser, dans mon sac étroit, toutes ces babioles
qui m'étaient si chères et que l'on m'avait défendu
d'emmener. C'était vraiment un problème que de ranger
dans si peu de place ce trésor inestimable, et il fallut
faire, à regret, le sacrifice de quelques coquillages, et du
collier de graines de courges auquel je tenais tant !
Je pris
encore le temps de semer quelques miettes de pain près de la
fourmilière, et d'arroser les lentilles que j'avais semées
au pied du figuier.
Ces devoirs accomplis, je pouvais partir la
conscience tranquille, mais le coeur encore plus lourd
qu'auparavant.
La porte de la voiture claqua.
Un dernier regard
à la baie, à la maison, et nous étions sur la
route.
Les rangées de ceps, qui se perdaient en faisceaux
au pied de la montagne, défilaient à toute vitesse
devant mes yeux.
Très vite, nous arrivâmes à
l'aérodrome où j'aperçus le grand avion hostile,
qui allait me séparer en moins de deux heures, de tout ce qui
avait été jusqu'ici MON PAYS.
La chatte dans son
panier, me regardait misérablement. J'essayais bien de lui
expliquer qu'on partait pour toujours ! Mais elle, ne pouvait
comprendre, pas plus que je ne comprenais pourquoi l'on m'arrachait à
tout ce que j'avais AIME.
Jeanine MOURAND 3ème
B2
Ce
texte est un devoir de classe de 3ème, proposé aux
élèves d'un lycée de filles de Strasbourg après
1962. (Racontez un évènement qui a marqué dans
votre vie). Il avait obtenu une très bonne note.
"
Achaba " décembre 1978 (Source:Algérianie.com)
28 juin 2007
Le "Taouel"
Un de nos souvenirs d'enfance.Une branche enY,deux élastiques carrés ,de préférence,un morceau de cuir en bout,et on était fin prêts pour aller chasser les moineaux ou autre gibiers.
26 juin 2007
Alger-notre "Champ de manoeuvre"
En 1950,pas encore de deltaplane! à Alger nous avions autre chose qui nous emmerveillait:la tour de l'école de parachutage du champ de manoeuvre,ce quartier cher à tous les Algérois,car lieu mythique ou les cirques s'installaient lorsqu'il venaient.il y avait aussi les terrains de boules,les marchands de glaces et de barbe à papa.C'était aussi un lieu de promenade ou les grands parents accompagnaient leurs petits enfants,ou les mamans promenaient les landaus.Non loin de là ,le foyer civique acceuillait les expositions.Lors de l'entraînement à la tour de parachutage,il y avait toujours des spectateurs,en majorité des enfants qui laissaient voir leur joie à l'ouverture du parachute.
23 juin 2007
Le premier vol du Concorde-2 mars 1969

Ayant habité à Toulouse de 1963 à 1970,j'ai eu le privilège ,dans le cadre de mon activité professionnelle,de pouvoir assister au premier vol de ce bel oiseau.à cause du brouillard épais qui était sur la haute garonne la date initale n'avait pas pu être respectée ,mais aprés trois jours d'attente,cette merveille put enfin décoller.Au commandes,deux pilotes ,le français andré Turcat et l'anglais Trubshaww(si je me souviens bien du nom).ce fut un délire de joie parmi tous ceux qui se trouvaient là.à l'atterrissage,l'avion vint se garer derrière le hall d'embarquement.L'aéroport de Toulouse n'était pas encore ce qu'il est maintenant et les ailes se trouvaient à hauteur du restaurant( au premier étage)L'équipage fut alors acceuilli par une ovation et aprés la conférence de presse,je peux vous assurer que le champagne a coulé à flots!
Conférence de presse des pilotes
15 juin 2007
La main de fatma
Au Maghreb, les
croyances magiques étaient d'une grande importance dans la vie
quotidienne. Les talismans et amulettes permettaient l'expression de
ces croyances, ainsi que le talent des artistes qui les façonnaient.
L'amulette telle la main de Fatma (khamsa) était portée (et l'est toujours) par les femmes musulmanes comme par les juives, par coquetterie ou par superstition
"La divine protection":
Dans la demeure de Fatima vivaient son père, le Prophète Mohamed, Fatima, son mari Ali et ses deux enfants, Hassen et Hussein. Ils se réunirent sous le même drap et Fatima se joignit à eux. Mohamed leva sa main droite et pria. Alors, l'Archange apparût et dit : Dieu veut vous libérer de votre souillure et ainsi vous purifier, et l'archange Gabriel (Djibriel) se joignit à eux sous le drap.
Représentation:
C'est la main droite levée, de face. La main transmet la puissance, la protection, l'offrande, ou la bénédiction. Symbole du don et du langage écrit. La main est l'une des plus vieilles représentations mythologiques connues dans le monde de l'Islam, jouant toujours le rôle protecteur contre le mauvais oeil.
10 juin 2007
Le "parler pied noir"
Le mélange
de cultures prend aussi son sens dans le parler Pieds Noirs : le
Pataouète, mélange de plusieurs langues. Espagnol,
italien, français, arabe… Ne pas confondre avec le sabir
: français naturel parlé par les arabes avec leur
accent et quelques déformations.
Le mot pataouète
lui-même vient d'une déformation d'un mot Valencien qui
signifie : "nous sommes du pays tous les deux". Les
espagnols débarquant sur le port d'Alger s'interpellaient en
se disant : "nous sommes pat'ouet".
Parler de
rue, parler de la ville davantage que la campagne, le pataouète
est avant tout un langage populaire.
Mais l'originalité de
ce parler réside surtout dans sa multiplicité… parler
spécifique, dont le fond français emprunte aux autres
langues certains mots ou expressions, pour illustrer de nombreux
domaines : la cuisine, la fête, les disputes, les injures,
l'amour…
Nombreux sont les emprunts aux activités
paysannes, aux interjections et à des impératifs, et
aux injures.
Ainsi, il n'est pas étonnant de retrouver ce parler dans des domaines particuliers de la vie, qu'il illustre parfaitement avec ces emprunts de langage : cuisine, fête, bagarre, sexe, injures et grossièretés en tout genre, l'amour.
Le pataouète reflète ainsi la multiracialité de l'Algérie. Ce mélange s'accompagne de licences grammaticales formant des raccourcis parfois très imagés et des traits d'humour au 2ème degré.
Quoi qu'il en soit, aussi exagéré soit-il, le parler pieds noirs est un langage riche en couleur, qui traduit bien un certain mode vie, dont l'accent rayonne et ensoleille.
Justement,
l'accent ! Les voyelles accentuées "é"
et "è" sont simplifiées. Le lait,
c'est "le lé" . Quant au "o" il
n'en existe qu'un que ce soit "cause" ou "chose"
ou "rose". A propos de rose, on ne dit pas comme Ronsard :
"Mignonne, allons voir si la rose...", mais : "Ti'as
vu comment qu'la rose elle est éclose, purée !".
Le
"u" était parfois transformé en i
comme on vient de le voir, pour former dans le même esprit, une
diphtongue facile à prononcer. ("Ti'as", c'est quand
même plus commode à dire que "tu as") .
Il
en est de même pour dire un mot sans vraiment le dire. Par
exemple : "La pitain". L'insulte n'était pas dite,
mais tout le monde la comprenait quand même.
Le "v"
était aussi parfois escamoté, pour ne pas fatiguer la
bouche, sinon cela gâtait le goût de l'anisette. On
disait "ouala, ouala! ti'es pas pressé, dis!
"Texte envoyé par Sabine Bachelet"
04 juin 2007
Les Tchapp's

La tchapp's,c'est tout d'abord la face imagée de la boîte d'allumettes..Pour jouer à ce jeu,on devait lancer les tchapp's vers le mur (à environ5 à 8 mêtres)que l'on nommait le paradis.Le joueur qui avait la tchapp's le plus prés du mur,gagnait le droit de lancer la boîte en l'air et si elle retombait,l'image face au ciel,il avait gagné!Un autre jeu consistait à placer une allumette entre deux autres placées de chaque côté de la boîte(entre le tiroir et le côté de la boîte)On enflammait cette allumette,ce qui avait pour effet de l'ejecter au loin...
31 mai 2007
Atlas des poissons des côtes Algériennes

Ce livre du docteur Gaueo Brissonnière sur la faune sous marine des côtes Algériennes,est illustré de planches peintes à la main.Je me souviens du docteur peignant dans sa véranda à la pointe nord de "Ras Acrata",à côté de la villa Jeaubert.Il acceptait que je vienne le regarder peindre les poissons et j'étais admiratif!
La madrague-Villa imbert
Surplombant le port de la madrague,la maison
Imbert,de style mauresque,se reconnaissait.Monsieur Imbert était
imprimeur à Alger,marié à une femme charmante et d'une grande
gentillesse.le couple avait deux filles.Pendant les grandes vacances
,je me souviens des réunions d'enfants,à la villa,ou monsieur Imbert
nous passait des films muets avec son projecteur(à manivelle si je me
souviens bien)Nous,les petits,nous étions ravis!
C'est dans son imprimerie que fut édité le livre du docteur Gaueo Brissonière,sur la faune sous marine du bassin méditérranéen.Le docteur Gaueo Brissonière avait une maison à Ras acrata.Grand humaniste,il fut vice président de l'assemblée Algérienne et nos compatriotes le surnommaient "le médecin des pauvres",en égard à son dévouement.
27 mai 2007
La madrague-la petite plage(1950/54)
La petite plage ou nous allions nous baigner,chacun avec sa chambre
à air qui nous servait de bouée.on surfait sur les vagues à plat ventre
sur des plaques de liège ou des planches.quelquefois nous faisions une
course jusqu'à l'entrée du port!Quelle aventure.aprés la baignade,on se
rinçait nos cheveux sous le robinet qui se trouvait en bas de
l'escalier du"cabanon Anglade"(le petit immeuble à gauche de la photo)






