08 août 2008
Ras Acrata-La Madrague
Villa Jaubert
La pointe de Ras Acrata
L
e 15aout approchant,des souvenirs s'éveillent et les jours
heureux de mon enfance... à la Madrague,ressurgissent.En hommage
à tous les résidents de Ras Acrata dans les
années50,mes parents,bien sûr,les familles:
Chef,GaueoBrissonière,Laquière,Roustan,Imbert
Lagrange,Expert,Jaubert,et
ceux du port...Vitiello le pêcheur,la famille
Anglade........voici un article émouvant que m'a adressé
mon ami d'enfance(bien que plus agé que moi)Jean marc Chef dont
la famille était un des piliers de ''la communauté'' de
Ras Acrata.Cet article a aussi été publié ce
mois ci dans ''mémoire vive'' organe duCDHA d'Aix en Provence.
Encore merci à toi,Jean Marc!
''La bande à jean marc''
Le port
''La
Madrague,plage d'alger et de la Mitidja''
La madrague,15 kms à l'ouest d'Alger,avant Sidi Ferruch.Petit port de pêche et grandes plages.Station balnéaires de la capitale et de la mitidja..Rochers de Schistes et mica-schistes brûlés par la violence du Soleil,falaises escarpées du cap Ras Acrata que parcourent d'étroits chemins aux après senteurs de sel et d'iode,piquetées de tamaris immortels dans leur maigreur tourmentée:de minces feuillages que l'on croirait tissages d'Arachnée,subissent avec indifférence,les assauts acharnés des vents d'est dominants,le''GREGAL'',étymologiquement''qui vient de Grèce'',depuis les corsaires des galères espagnoles du roi PhilippeIV.
Les maisons,les villas,les cabanons,les ruelles,avaient une origine antérieure à la Grande Guerre...et on les croyait de toujours..Les anciens de la Madrague n'étaient ils pas déjà septuagénaires et leurs enfants,heureux,insouciants,ne se pensaient- ils pas éternels dans ce décor que les Egéens leur auraient envié?
Le ''Petit Port'' de la Madrague qu'une large et lourde jetée protège mal des tempêtes de Nord Ouest,fréquentes et redoutables l'hiver,abrite,surtout l'été,un monde où se retrouvent,mélées,des populations de pêcheurs immigrés et d'éstivants de toutes origines sociales.La pêche en mer n'attirait pas les arabes,à l'opposé des Napolitains de deuxième ou troisième génération,Spécialistes de la pêche aux filets'' trois mailles'' et des Siciliens,grands connaisseurs en palangres.Dans cette foule du ''Petit Port'',baguenaudent,de troisième ou de quatrième génération,eux! Des'' Français de France'',des'' Français de souche'',disait-on,des émigrés de France,aurait-on pu dire...et des émigrés d'Espagne ou de Malte.Vacanciers de la Madrague,ces européens,souvent bons pêcheurs en mer ou pêcheurs du dimanche,viennent d'Alger,du Sahel ou de la plaine...
Belles élégantes et bourgeois d'allure apprétée,s'arsouillent sans danger-et à quai!-avec un petit peuple bruyant et heureux de les apostropher dans sa langue maternelle de l'italie sonore ,riche et familière!
A l'évidence,les uns et les autres ne s'habillaient pas chez les même tailleurs.Et pourtant,ils s'aimaient.
C'était ainsi,à la Madrague,que se menait la lutte des classes où la seule mort qui les menaçaient tous était la mort de rire!
Une mort dans les parfums mélés,à la fois légers et capiteux,de l'anisette et des charbons de bois pour carbonades de porc et brochettes de boeuf....Une ivresse?Plus qu'une ivresse.Une ivresse et une esthétique.
Sur le'' Petit Port'' de la Madrague,tous les jours,tous les soirs,on se disait que,décidément,on ne voulait pas voir Venise........
Jean marc Chef
Commentaires
Très belle évocation de cet endroit où je louais de trop rares fois une dangereuse périssoire que le courant entrainait .La photo de la plage est remarquablement nette .Ce qui ravive les souvenirs, eux,toujours embués par l'émotion .
et oui! 15 aout, mer, vacances,balades dans les environs d'Alger mais toujours sous l'apparente insouciance de notre jeunesse une attention particulière comme un serpent sous les feuilles....
Tableau côte algérienne
Bonjour René. J'ai découvert ton blog en allant sur celui de Jacqueline. Merci pour les compliments sur mon tableau.
Je suis ravie de faire ta connaissance. Je suis née en Algérie mais je n'ai pas vécu les événements là-bas, nous sommes revenus en France avant. J'ai revu le kanoun en photo et d'autres photos.
Je reviendrai plus longuement sur ton blog car il y a de quoi lire.
Bonne soirée yvette
Ras Acrata
Mon cher René,que d'émotions quand j'ai découvert ce beau paysage;cela m'a replongé dans un passé pas si lointain,je faisais mes premiers pas(brasses)dans la chasse sous marine justement autour de cet îlot que les riverains appelent"la zegrata";grace à vous je retrouve cet endroit merveilleux.Merci!!
salut ! il est trés b1 ton site ! mais il lui manque des photos, répond moi ! je suis un des résidants de Ras Acrata !
barracouda83
Bien sûr qu'on se souvient de Jean Marc Chef
le Champion du Baby Foot de "La Madrague" en bois du Père Biben, père de Claude Biben en face de "Cez Mélie" (j'allais avec lui au Collège Technique du Ruisseau avecsa Terrot)
Du Palangrier de Jean Marc et sa bande sur la plage de Brignonne
Du Parasol en face des Thuraud où Jean Marc nous racontait ses aventures sur le "Ville d'Oran" et ses pêches de 50 mérots au palangre
Sa Villa au bout du Raz Accrata et celle de GoéoBrissonière où je prenais tous mes mérots dans les fonds de 15m (il fallait savoir les prendre .Voir La Madrague dans barracouda83 ou dans Chassez partout )
Moi,j'étais connu sous le nom de P'tit Kurtz (C'est Vitiello qui m'appelait comme çà )
George Kutz était mon oncle ami d'Imbert à boire le Coup chez Georgeaud ,la barraque du Petit Port
Souvenirs,Souvenirs....
Voir barracouda83 ou Chassez partout
souvenirs
Je n,en reviens pas de lire tous ces noms et prenoms qui me rappellent la madrague.... Et oui j'habitais en haut de la falaise a coté de la maison des legionnaires..... Les pecheurs appellaient notre maison la cathedrale... elle etait toute rose et appartenait a monsieur Rostand nous etions en location ....
ou sont rendu nos trois chalutiers ...je me rappelle fort bien de la suzane car mon amoureux etait pecherur dessus Hubert adragnia.
au plaisir d'avoir de vos nouvelles
Elisabeth Wyl
belle epoquela madrague a changee ainssi que les mentalites
la madrague a changee ainssi que les mentalites le beton a eu son droit sur le sable fin et dore dommage on a tuee la nature
le present de la madrague
salutation a vous je suis un j de lamadrague je suis contons que vous na ve pas assiste ala extermination des plages de la madrague q domage j vu il ont evlever une plage que le tous pouison a crier pour la renplcer par du betons mais que faire cont en n aime
Là-bas, chez nous
J'habitais juste avant Ras Acrata et sortais avec la "bande" de l'Ilot. Les filles Wyl venaient avec nous. Elles sont aujourd'hui au Canada.Nos voisins, à gauche, une nombreuse famille arabe que tout le monde connaissait.L’aîné avait été marié et juste avant que nous quittions notre pays, un bébé était né. Le dimanche 25 juin 1962, papa remit une liasse de billets au père de famille pour qu'il garde notre maison (il était payé tous les mois et nous n’avions jamais subi de dégradations). Il jura de bien s’occuper de notre villa et qu’il faudrait qu’on lui passât sur le corps pour qu’on osât toucher à notre propriété. Ces explications furent exprimées dans son charabia.
La sœur de ma mère et son mari qui gardaient le double de nos clés furent appelés en urgence après quinze jours d’indépendance et ils tombèrent sur le « gardien » ainsi que trois hommes du FLN. Le gardien jura qu’il avait vu des armes et qu’il fallait les remettre tout de suite. La maison fut mise sens dessus dessous, la fosse septique fut inspectée et l’homme qui y entra prit un bain tiède dans notre baignoire. Le couple fut alors libéré mais accompagné de mille menaces. La sœur de ma mère et son mari rentrèrent en France précipitamment. Le gardien, malgré ses manœuvres, ne réussit point à obtenir notre maison qui fut attribuée à une autre famille. Lui et les siens demeurèrent dans leur antre à l’odeur pestilentielle. J’ai revu l’homme sept ans plus tard, devant la porte de sa pièce, vieilli, décharné et j’ai caché mon visage pour qu’il ne me reconnût point. En France, je l’aurais affronté mais dans mon pays, chez moi, devant notre villa, j’étais devenu un étranger.
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