Algerazur

01 août 2014

Il y a cent ans début de la guerre de 1914- L'Algérie concernée

 

Mobilisation

 

DECRET prescrivant la mobilisation des Armées de terre et de mer.
Du 1er Août 1914
(Publié au Journal officiel du 2 août 1914.)

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE,
Vu l'article 3 de la loi du 25 février 1875, relative à l'organisation des pouvoirs publics ;
Vu les titres III et IV de la loi du 24 juillet 1873, relative à l'organisation générale de l'armée ;
Vu la loi du 19 mars 1875, relative à la mobilisation par voie d'affiches et de publications sur la voie publique ;
Vu la loi du 3 juillet 1877 sur les réquisitions militaires, modifiée par les lois des 5 mars 1890, 27 mars 1906 et 23 juillet 1911 ;
Vu la loi du 22 juillet 1909, relative à la réquisition des voitures automobiles ;
Vu la loi du 28 décembre 1888, modifiant les articles 23 à 27 (service militaire des chemins de fer) de la loi du 7 août 1875 ;
Vu la loi du 21 mars 1905, modifiée par la loi du 7 août 1913 sur le recrutement de l'armée ;
Vu l'avis du Conseil des ministres,

DECRETE :
Art. 1er. La mobilisation des armées françaises de terre et de mer est ordonnée sur toute l'étendue du territoire français, de l'Algérie, dans les autres colonies et dans les pays de protectorat.
2. En France, en Corse, en Algérie et en Tunisie, la mobilisation sera portée à la connaissance des populations au moyen d'affiches qui seront immédiatement placardées sur la voie publique.
Tout Français soumis aux obligations militaires devra se conformer aux prescriptions contenues dans ces affiches, sous peine d'être puni avec toute la rigueur des lois.
3. Dans les colonies (autres que l'Algérie), la mobilisation sera portée à la connaissance des populations par les soins des gouverneurs.
Dans les pays de protectorat (autres que la Tunisie), elle sera portée à la connaissance des Français soumis aux obligations militaires par les soins des résidents généraux.
4. Le présent décret entraîne l'appel à l'activité des hommes qui ont été désignés, dès le temps de paix, pour constituer les unités de douaniers ou de chasseurs forestiers ainsi que les services accessoires de l'armée (trésorerie et postes, télégraphie militaire, sections de chemins de fer de campagne, etc.) et qui ont reçu, en conséquence, une affectation spéciale.
5. Le droit de réquisition est ouvert sur tout le territoire français, en Algérie et aux colonies. Il s'exercera conformément aux lois et décrets en vigueur.
Dans les pays de protectorat, les réquisitions s'opéreront d'après les conventions arrêtées avec les gouvernements de ces pays de protectorat.
6. Les autorités civiles, militaires, maritimes et coloniales sont chargées, sous leur responsabilité, de veiller à l'exécution des disposcitions du présent décret.

Fait à Paris, le 1er Août 1914.
Signé : R. Poincaré.

Le ministre de la guerre,
Signé : Messimy.

Le ministre de la marine,
Signé : Gauthier.

Source :
Bulletin des lois de la République française, Tome 6, 1ère section, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1914, pages 2228 et 2229.
Accès direct à la page dans Gallica

 

Tirailleurs-Alger-Aout 1914 Embarquement d'un régiment de tirailleurs à Alger - le 10 août

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06 juillet 2014

Mémoire et racines de l'éxilé.....

 

Nèfle

 

Ces deux textes résument à merveille le ressenti des éxilés ,(volontaires ou obligés hélas)

-A mesure que la vie passe,la griserie de la Métropole s'évanouit et l'Algérie revient,J'aime l'écouter bruire en moi comme une source que la poussière des années n'a pas réussi à altérer,Peutêtre n'y aije pas toujours été heureux-l'ombre de la guerre recouvrait souvent les terrasses-,mais je crois avoir tout appris là-bas,dans le parfum des blés et des nèfles gorgées de suc : le goût du plaisir,la volupté de l'instant,laliberté des gestes et des paroles,Sans doute suis-je enclin à tout mythifier-les rues,le ciel et les belvédères-,mais j'ai besoin de cet idéal,même perdu,pour continuer à rêver sur son absence,et donc écrire,

Jean Noël Pancrazi

né à Sétif en 1949

 

-Les racines, c'est un peu comme si on replongeait en apnée dans la mémoire. Le souffle est alors obligatoire sinon les larmes remontent à la surface.

Le Pays qui vient de loin
[ André Bucher ]

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02 juillet 2014

2 juillet 1869-Rimbaud écrit "Jugurtha"

 Rimbaud

le 2 juillet 1869 à Charleville-Mézières, ville natale de Rimbaud, un concours général de vers latins oppose plusieurs académies du Nord. Le sujet proposé aux candidats est « Jugurtha », roi numide.

 Parmi les compétiteurs se trouve le collégien Arthur Rimbaud, alors âgé de 15 ans. Tandis que les plumes crissent sur le papier, Rimbaud affamé n’écrit rien. Il demande des tartines au concierge. Une fois rassasié, Arthur saisit son porte-plume et écrit ses 75 vers latins sans consulter une seul fois son « Gradus ad parnassum » [manuel composé par des Jésuites du Collège Louis-le-Grand à Paris au milieu du XVIIe siècle, NDLR]. A midi, il rend sa copie et obtient le prix.

Arthur RIMBAUD est né le 20 octobre 1854 à Charleville-Mézières dans le département des Ardennes. Il est mort et inhumé le 10 novembre 1891 dans cette même ville.

Son père Frédéric RIMBAUD (1814-1878) était un officier d'infanterie français, ayant participé à la conquête de l'Algérie, où il était aussi administrateur, écrivain, journaliste, linguiste et ethnologue, ainsi qu'à la guerre de Crimée et à la campagne d'Italie.

 La carrière militaire et l'esprit baroudeur de Frédéric Rimbaud font de lui un mari et un père absent. Ce n'est d'ailleurs que lors de ses brèves permissions qu'il conçoit ses quatre enfants puînés. À la naissance de sa fille cadette, Isabelle, en 1860, le capitaine, écoutant son goût de l'aventure et las de l'austérité de sa femme, quitte définitivement le foyer conjugal.

 Ce poème est dédié à l'Emir ABD-el-KADER est aussi une façon d’extérioriser ses ressentiments à l’encontre de son père militaire ayant participé à la conquête d’Algérie …..

 Jugurtha (1869)

Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
Du second Jugurtha de ces peuples ardents,
Les premiers jours fuyaient à peine à l’Occident,
Quand devant ses parents, fantôme terrifiant,
L’ombre de Jugurtha, penchée sur leur enfant,
Se mit à raconter sa vie et son malheur :
"Ô patrie ! Ô la terre où brilla ma valeur !"
Et la voix se perdait dans les soupirs du vent.
"Rome, cet antre impur, ramassis de brigands,
Echappée dès l’abord de ses murs qu’elle bouscule,
Rome la scélérate, entre ses tentacules
Etouffait ses voisins et, à la fin, sur tout
Etendait son empire ! Bien souvent, sous le joug
On pliait. Quelquefois, les peuples révoltés
Rivalisaient d’ardeur et, pour la liberté,
Versaient leur sang. En vain ! Rome, que rien n’arrête,
Savait exterminer ceux qui lui tenaient tête !…."
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
"De cette Rome, enfant, j’avais cru l’âme pure.
Quand je pus discerner un peu mieux sa figure,
A son flanc souverain, je vis la plaie profonde !…
La soif sacrée de l’or coulait, venin immonde,
Répandu dans son sang, dans son corps tout couvert
D’armes ! Et une putain régnait sur l’Univers !
A cette reine, moi, j’ai déclaré la guerre,
J’ai défié les Romains sous qui tremblait la terre !…."
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
‘’Lorsque dans les conseils du roi de Numidie,
Rome s’insinua, et, par ses perfidies,
Allait nous enchaîner, j’aperçus le danger
Et décidai de faire échouer ses projets,
Sachant bien qu’elle plaie torturait ses entrailles !
Ô peuple de héros ! Ô gloire des batailles !
Rome, reine du monde et qui semait la mort,
Se traînait à mes pieds, se vautrait, ivre d’or !
Ah, oui ! Nous avons ri de Rome la Goulue !
D’un certain Jugurtha on parlait tant et plus,
Auquel nul, en effet, n’aurait pu résister !’’
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
‘’Mandé par les Romains, jusque dans leur Cité,
Moi, Numide, j’entrai ! Bravant son front royal,
J’envoyai une gifle à ses troupes vénales !…
Ce peuple enfin reprit ses armes délaissées :
Je levai mon épée. Sans l’espoir insensé
De triompher. Mais Rome était mise à l’épreuve !
Aux légions j’opposai mes rochers et mes fleuves.
Les Romains en Libye se battent dans les sables.
Ils doivent prendre ailleurs des forts presqu’imprenables :
De leur sang, hébétés, ils voient rougir nos champs,
Vingt fois, sans concevoir pareil acharnement !’’
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
‘’Qui sait si je n’aurai remporté la victoire ?
Mais ce fourbe Bocchus… Et voilà mon histoire.
J’ai quitté sans regrets ma cour et mon royaume :
Le souffle du rebelle était au front de Rome !
Mais la France aujourd’hui règne sur l’Algérie !…
A son destin funeste arrachant la patrie.
Venge-nous, mon enfant ! Aux urnes, foule esclave !…
Que revive en vos cœur ardent des braves !…
Chassez l’envahisseur ! Par l’épée de vos pères,
Par mon nom, de son sang abreuvez notre terre !…
Ô que de l’Algérie surgissent cent lions,
Déchirant sous leurs crocs vengeurs les bataillons !
Que le ciel t’aide, enfant ! Et grandis vite en âge !
Trop longtemps le Français a souillé nos rivages !…’’
Et l’enfant en riant jouait avec un glaive !…
Napoléon ! Hélas ! On a brisé le rêve
Du second Jugurtha qui languit dans les chaînes…
Alors, dans l’ombre, on, voit comme une forme humaine,
Dont la bouche apaisée laisse tomber ces mots :
" Ne pleure plus, mon fils ! Cède au Dieu nouveau !
Voici des jours meilleurs ! Pardonné par la France,
Acceptant à la fin sa généreuse alliance,
Tu verras l’Algérie prospérer sous sa loi…
Grand d’une terre immense, prêtre de notre droit,
Conserve, avec la foi, le souvenir chéri
Du nom de Jugurtha !…N’oublie jamais son sort:
Car je suis le génie des rives d’Algérie !…"

 

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04 juin 2014

4 juin 1958-un mensonge d'Etat

 

21_05_1958_depeche

 

Discours du Forum d' Alger, 4 juin 1958 ▼

 

vous ai compris-4 juin 58

 

 Dès le vote du projet de loi qui délègue à son Gouvernement la charge de soumettre à l'approbation du peuple français une nouvelle Constitution, le général de Gaulle se rend en Algérie du 4 au 7 juin 1958, pour y manifester la restauration du pouvoir de l'Etat. Des diverses allocutions qu'il prononce au cours de ce voyage, seule celle du Forum d'Alger a été rédigée à l'avance.

Je vous ai compris !

Je sais ce qui s'est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c'est celle de la rénovation et de la fraternité.

Je dis la rénovation à tous égards. Mais très justement vous avez voulu que celle-ci commence par le commencement, c'est à dire par nos institutions, et c'est pourquoi me voilà. Et je dis la fraternité parce que vous offrez ce spectacle magnifique d'hommes qui, d'un bout à l'autre, quelles que soient leurs communautés, communient dans la même ardeur et se tiennent par la main.

Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France et je déclare, qu'à partir d'aujourd'hui, la France considère que, dans toute l'Algérie, il n'y a qu'une seule catégorie d'habitants : il n'y a que des Français à part entière, des Français à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Cela signifie qu'il faut ouvrir des voies qui, jusqu' à présent, étaient fermées devant beaucoup.

Cela signifie qu'il faut donner les moyens de vivre à ceux qui ne les avaient pas.

Cela signifie qu'il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la contestait.

Cela veut dire qu'il faut assurer une patrie à ceux qui pouvaient douter d'en avoir une.

L'armée, l'armée française, cohérente, ardente, disciplinée, sous les ordres de ses chefs, l'armée éprouvée en tant de circonstances et qui n'en a pas moins accompli ici une œuvre magnifique de compréhension et de pacification, l'armée française a été sur cette terre le ferment, le témoin, et elle est le garant, du mouvement qui s'y est développé.

Elle a su endiguer le torrent pour en capter l'énergie, Je lui rends hommage. Je lui exprime ma confiance. Je compte sur elle pour aujourd'hui et pour demain.

Français à part entière, dans un seul et même collège ! Nous allons le montrer, pas plus tard que dans trois mois, dans l'occasion solennelle où tous les Français, y compris les 10 millions de Français d'Algérie, auront à décider de leur propre destin.

Pour ces 10 millions de Français, leurs suffrages compteront autant que les suffrages de tous les autres.

Ils auront à désigner, à élire, je le répète, en un seul collège leurs représentants pour les pouvoirs publics, comme le feront tous les autres Français.

Avec ces représentants élus, nous verrons comment faire le reste.

Ah ! Puissent-ils participer en masse à cette immense démonstration tous ceux de vos villes, de vos douars, de vos plaines, de vos djebels ! Puissent ils même y participer ceux qui, par désespoir, ont cru devoir mener sur ce sol un combat dont je reconnais, moi, qu'il est courageux...car le courage ne manque pas sur la terre d'Algérie, qu'il est courageux mais qu'il n'en est pas moins cruel et fratricide !

Oui, moi, de Gaulle, à ceux-là, j'ouvre les portes de la réconciliation.

Jamais plus qu'ici et jamais plus que ce soir, je n'ai compris combien c'est beau, combien c'est grand, combien c'est généreux, la France !

Vive la République !

Vive la France !

source :http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/accueil/discours/le-president-de-la-cinquieme-republique-1958-1969/discours-du-forum-d-alger-4-juin-1958.php

 

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02 mai 2014

L'Hôtel Aletti-Palace d'Alger

 Hôtel Aletti

Charlie Chaplin

 

 

 

 

 

 

L’Aletti est une splendeur de l’Art déco et l’un des lieux les plus fascinants d’Alger.

Il fut construit à grands frais et inauguré lors de la célébration du centenaire de la présence coloniale en Algérie, l’été 1930,par Charlie Chaplin. Ce grand palace de classe internationale,où Joséphine Baker,sous lieutenant de l'armée de l'air des Forces Francaises libres(FFL)avait dansé aprés le débarquement Anglo Américain de 1942,appartenait aux frères Aletti (Jacques, Louis et Robert),d’où son nom.

Des personnalités de grand renom ont séjourné dans cette hôtel : Charlie Chaplin (Charlot), Caroline de Monaco, Albert de Monaco, Nelson Mandela, Patrice Lumumba, François Mitterand (quand il était ministre de l'Intérieur de l'Etat français), Jean Claude Brialy (qui a fimé des séquences sour son long métrage "Sur les traces de mon enfance"), Frédéric Mitterand, Ferhat Abbas, Houari Boumediene,Mohamed Khider, Mohamed Boudiaf, Messali Hadj, Fdel Castro, Hassan II, Charles Aznavour, Georges Brassens..…..

L'hôtel Aletti disposait au sous-sol d'une salle de jeux et d'une salle de spectacles, "Le casino municipal", ainsi que d'une salle de cinéma, d'un restaurant, d'un bar, d'un salon de coiffure, de boutiques, d'un cabaret...Il a été rebaptisé Safir en 1984.

Voir aussi→ Le_soir_d_Algérie_societe

 

Hôtel Safir

                                            Hôtel Safir (ex Aletti)

                    http://www.algerie-monde.com/hotels/alger/es-safir/

 

 

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21 avril 2014

Il y a 70 ans-Droit de vote accordé aux femmes par le gouvernement provisoire à ALGER

 

Capture

 Le droit de vote des femmes est accordé par le gouvernement provisoire de la France libre à Alger, le 21 avril 1944,et confirmé par l'ordonnance du 5 octobre.

il n'est utilisé pour la première fois qu'en Avril 1945 pour les élections municipales,puis en Octobre pour les élections à l'assemblée constituante.

De Septembre 1943 à Août 1944, 400 ordonnances  signées par Henri Queuille(http://algerazur.canalblog.com/archives/2010/10/07/19263297.html)furent promulguées à Alger,dont celle accordant le droit de vote aux femmes . 40% environ de ces ordonnances ont directement trait à la mise en oeuvre de la libération.

La France combattante à Alger accorde le droit de vote aux femmes, près d'un siècle après l'adoption du suffrage universel masculin. La France est l'un des derniers pays d'Europe a avoir accordé le droit de vote et d'éligibilité aux femmes, juste avant l'Italie, la Belgique, la Grèce et la Suisse. Les femmes useront de ce droit pour la 1ère fois aux élections municipales du 29 avril 1945.

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06 avril 2014

Alain Vircondelet...d'Alger à Limoges

 Alain Vircondelet est présent à la manifestation "Lire à Limoges" depuis Vendredi 4 Avril ..

Pendant ces trois jours, plus de 300 auteurs de littérature générale,

régionale,jeunesse, et bande dessinée, viennent à la rencontre du public

grâce aux séances de dédicaces, rendez-vous littéraires, animations,

et conférences organisées sur des sujets d'actualité ou de société.

(http://www.ville-limoges.fr/index.php/fr/component/content/article/2090?layout=actualites)

 

Lire à Limoges

 

Alain Vircondelet est né en 1947,à Alger. Sa famille, comme tant d'autres, a dû quitter l'Algérie. Le départ pour la France s'est fait dans la précipitation à l'été 1962

il avait 15  ans et se souviens de tout, de la beauté d'Alger dans le petit matin de juin, du silence gêné des Algériens que l'on croise sur le quai des Messageries Maritimes, des gens qui pleurent, des enfants qui ont emporté avec eux leurs cages d'oiseaux, des vieilles femmes dans des chaises roulantes, de ces valises achetées en hâte sur les trottoirs de la ville, et dans lesquelles on a fourré le minimum. On ne connaît rien de la France, on sait seulement qu'il y fait plus froid que chez nous.

On part pour la France parce qu'on est Français, et que l'on se sent plus Français que les Français, mais on sait aussi que la France ne nous aime pas, ni à gauche ni à droite. Le cliché du pied-noir nabab roulant en Cadillac, comme le dit Camus, a la peau dure. Il est faux comme tous les clichés mais il reste ancré dans l'inconscient collectif des métropolitains. → Article_huffington_Post

L'arrivée au port de Marseille est brutale. Il lit "Repartez d'où vous venez" sur une banderolle http://www.exode1962.fr/exode1962/accueil/accueil.html) . Le déracinement est total. La vie en France est en fait de la survie, grâce à la charité du Secours Catholique, entre autres. "On est loins de l'image du nabab colonialiste"

Il arrive à Limoges en 1963,à 16 ans. Son père, ancien ingénieur du service des eaux d'Alger, vient d'être muté dans la cité porcelainière.   (Voir ici mon article sur  L'ingénieur en chef de la Ville d'Alger, Pierre Molbert dont le fils Michel Molbert vint à St Yriex la perchehttp://algerazur.canalblog.com/archives/2009/03/05/12826035.html).

le jeune garçon voit en Limoges l'une de ces villes typiques du coeur de la France, telles qu'il les avait "mythifiées" dans son enfance algéroise. Son caractère resserré, ancien, lui plaît .

En ce terrible hiver 1962/63,il voit la neige pour la première fois, le verglas.

Elève au lycée Gay-Lussac, il intègre ensuite ses classes préparatoires littéraires, l'hypokhâgne puis la khâgne.

Voir article Presse→Le_Populaire_Alain_Vircondelet

Après "lettres sup" à "Gay-Lu", le jeune Alain Vircondelet part à Paris. Il poursuit ses études littéraires à la Sorbonne.

Il devient maître de conférence à la faculté des lettres de l'Institut catholique de Paris3.

Il est le biographe de plusieurs figures majeures de la littérature, des arts et de la spiritualité chrétienne : Albert Camus, Marguerite Duras, Blaise Pascal, Arthur Rimbaud, Charles de Foucauld, Françoise Sagan, Saint-Exupéry, Jean-Paul II, Balthus ou encore Casanova.

 Gros plan sur Alain Vircondelet,Limousin d'adoption et de cœur ▼

 

 

Il est l'auteur de plusieurs livres dont "La traversée"qui raconte le départ en France des pieds-noirs sur Le Ville d’Alger, en juin 1962, et plus particulièrement celui de l’auteur, alors âgé de 15 ans. Le récit, véridique, relate ce voyage sans retour, considéré comme l’exode le plus important de l’histoire du XXe siècle après celui de 1940, et rapporte par le biais des souvenirs personnels la vie des Français d’Algérie pendant la guerre d’insurrection

ses livres en vente ici :http://recherche.fnac.com/ia2506/Alain-Vircondelet

                                                              

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02 avril 2014

Avril 1939.. Réfugiés Espagnols en Algérie

En avril 1939, la guerre civile se termine par la défaite du camp républicain. Des centaines de milliers d’Espagnols sont contraints de quitter leur pays. Le nord du Maroc, sous domination espagnole, leur étant fermé, quelques milliers d’entre eux rejoignent la côte algérienne. Dès les mois de février et mars 1939, des télégrammes sont échangés entre le gouverneur général de l’Algérie (GGA), le général commandant la division d’Alger, les préfets et sous-préfets qui annoncent l’arrivée sur le territoire algérien de réfugiés espagnols (RFE). Ces émigrés espagnols utilisent différents moyens de transport pour arriver en Algérie : des petites embarcations de pêche, des chalutiers, des goélettes ; ils embarquent aussi sur des cargos de ligne qui transitent par l’Algérie.

stanbrook

Stanbrook, l’un des derniers bateaux ayant pu appareiller pour l’Algérie sauvant ainsi des milliers de républicains espagnols avant l’arrivée des franquistes. ici , à son arrivée à Oran. Ci-dessous, une photographie de l'héroïque capitaine Archibald Dickson, aimablement fournie par Daniel R. Moya Fuster et le Comité civique de Alicante, appartenant aux archives de la famille Dickson  et publiées dans le spécial "1939. Guerre se termine à Alicante "

Dixon

Sources:▼

http://alicantevivotest.wordpress.com/2009/03/28/homenaje-al-capitan-dickson/

http://espana36.voila.net/exil/stanbrook.html

À leur arrivée, ils disposent tous de passeports délivrés par l’administration républicaine avec des visas à destination du Mexique, de Cuba ou du Nicaragua. Les concernés « avouent » que ce sont les seuls passeports qu’ils pouvaient avoir pour quitter l’Espagne (lettre du 19 mars) et qu’ils ne pouvaient obtenir du consulat de France qu’un visa de transit. Leur seul objectif était finalement de quitter l’Espagne devenue inhospitalière pour eux. A priori ils n’avaient nullement l’intention de se rendre en Amérique latine.

Dès le 31 mars 1939, une lettre du GGA au ministre de l’Intérieur, l’informe que le total des réfugiés espagnols en Algérie s’élève à 5 100 personnes, auxquelles il faudrait ajouter un nombre indéterminé d’individus arrivés individuellement et hébergés par leurs familles.

 

Source :http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=ADH_113_0155

PDF :Immigrés_Espagnols_Algérie_1939_41

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02 mars 2014

Jacques Missé et Le Glaive du débarquement du 8 novembre 1942

 

 

Jacques Missé

 Jacques Missé près de La biche couchée à Broût-Vernet

(cliché : famille Missé)


Jacques Missé est né le 24 décembre 1919 à Alger.

Il fit ses études à Alger puis devança l’appel, intégrant dans les troupes du Génie quelques mois avant la guerre.

Après sa démobilisation, il décida de s’engager dans la voie de l’art, et plus particulièrement de la sculpture.

Dès 1945, il obtint le Grand prix de la Ville d’Alger pour Le mendiant,

Il va dès lors recevoir des commandes d’État et réaliser en 1946 la dalle sacrée du Forum d’Alger ;

En 1947,le monument de la Gloire au génie pour l’entrée du camp militaire Basset de Beni Messous ...

et des Fables de La Fontaine pour une école primaire d’Alger .

Avenue-du-8-novembre-Alger - Copie

Glaive du débarquement - Copie

en 1955 le monument du débarquement des Forces alliées en Afrique du Nord, érigé à Alger,avenue du 8 novembre 1942, mais aujourd’hui détruit ,

Glaive débarquement-Alger

 C’est un drame familial qui conduit Jacques Missé en Bourbonnais. En 1958, son épouse meurt en accouchant de leur fils Pierre ; l’enfant est de santé fragile et son père décide, après avis médical de regagner la métropole et de s’installer l’été à Broût-Vernet (près de Vichy dans l’Allier), où la famille possédait une vieille ferme, et l’hiver au Cannet-Rocheville (dans les Alpes-Maritimes).

C’est ainsi que de nombreuses statues publiques sont visibles dans le département de l’Allier :

- à Broût-Vernet bien sûr où au printemps 2008 les statues ont été nettoyées et protégées :

 

biche-couchee

 La biche couchée

(place de la Croix Rouge) ;

ste Rita

Sainte Rita

(place de l’Église) ;

 Vierge st paul

 La Vierge des Saints-Paul

(lieu-dit Les Saints-

Paul) ;

St pierre de chausse courte

 Saint Pierre

(lieu-dit «Chaussecourte») ;

Jacques Missé est décédé  à Antibes , le 21 avril 1998 et repose dans la sépulture familiale à Broût-Vernet

 

Caveau Missé

 

Sources :Exposition_Jacques_Misse

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Hennequin

 

 

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14 février 2014

Un brin de mimosa pour souvenir...

 Merci à notre compatriote ,Jocelyne Mas,écrivain, pour son message▼

 -...Moi je suis à Cannes et je suis née à Alger.
Comme janvier/février est l'époque du mimosa, voici un brin de soleil en pièce jointe...-

 Un brin de mimosa pour souvenir outre-Méditerranée...

Dans un monde où tout est catastrophe, chômage, violence, crise, morosité, Jocelyne MAS nous invite à regarder le ciel bleu et cette nature qui nous donne tant de belles choses à voir, entendre, sentir.

                                               Mimosa de mon enfance.
Janvier- février, c'est l'époque où le mimosa enchante nos âmes. Ils mettent une touche de soleil dans le gris du ciel. Visage enfoui au cœur des grappes de fleurs d'un jaune éclatant, au parfum si doux et subtil comme une caresse, je me souviens...

jocelyne Mas


Dans le jardin de mes grands-parents à Baraki, il y avait  un énorme mimosa qui tous les ans, à l’époque de la taille, jouait un rôle particulier entre mon grand-père et moi. Je me revois au pied de l’arbre, étendue, bras en croix, sur la terre, mon grand-père sur une échelle taille et m’enfouit petit à petit sous les branchages odorants et duveteux. Que de fou-rire et de complicité entre nous ! Mon grand-père redescend de l'échelle et fait semblant de me chercher : « Mais où est-elle, cette petite ? » Je ris à m’étouffer.                  

Mimosa de mon enfance,
                       
Senteurs dorées,
                       
Caresses de velours.
                       
Éclats de soleil de mes vacances,
                       
Parfum suave et frais,
                       
Jardin de mes amours.
                       
Dans mon cœur à jamais,
                       
Impossible à oublier.
                                              

Extrait de « Au gré des flots »

Médaille d'Argent des Arts et Lettres de France.

Jocelyne MAS  

Poète-Ecrivain http://www.jocelynemas.com

 

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