Algerazur

02 novembre 2017

Nos sportifs-Heda Frost

           Entr_e_des_groupes_laiques_centre_sportif_

Les groupes laïques(GLEA) Chemin yusuf/Alger

 

Nous nous souvenons tous des « Groupes laïques » oû,nos instituteurs nous emmenaient voir des films muets,lorsque nous étions à l'école primaire.nous allions aussi à la piscine et il m'est arrivé de voir notre championne:heda Frost,s'entraînant.

Rappel:(source:http://glea.alger.free.fr )

NATATION:                       Mr. SORON

Piscine des groupes laiques

                                   Piscine des Groupes laïques


  La section comptait 3  Internationnaux en  Equipe de France : Marc KAMOUN  (9 sélections)   Jacqueline CAMPINCHI  (5 sélections) et Heda FROST(59 sélections) d'autre part, on peut signaler le record de France du relais 4x100m nage libre dames détenu en 1960 par J.CAMPICNI, M. MATHIEU, D.ZENOU et H.FROST.

Heda FROST et Marc KAMOUN furent tous deux séléctionnés aux Jeux Olympiques de Rome en 1960.

 

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Heda FROST aux CH. de FRANCE 1962

HEDA FROST
monta sur le podium à l'issue du 400 mètres nage libre.

Sur l'éclatante veste portée par la nageuse algéroise se détachèrent sur fond blanc, deux immenses, deux énormes pieds-noirs, que les caméras de Roger Pradines, hypnotisées, ne semblaient pas pouvoir quitter. Hypnotisé aussi, le commentateur, Thierry Rolland, en perdit du coup son latin et même la parole. Il en balbutia:
" eh ben … "

 

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13 octobre 2017

Les débuts de la Presse Algérienne

La presse algérienne fut dans les faits une presse officielle, administrative, civile ou militaire. En janvier 1832, le baron Pichon créa le "Moniteur Algérien". En Juillet 1839 Auguste Bourget fonda l'Akhbar à Alger, et le 5 Octobre 1844, Adolphe Perrier créa "L'Echo d'Oran".(Voir :http://www.cdha.fr/histoire-de-la-presse-en-algerie-lecho-doran)

 AKHBAR

            AKHBAR daté du jeudi 18 avril 1856   (Merci à Guy simon Laborde)

La Seconde République Francaise liberalisa la presse algérienne et de très nombreux journaux firent leur apparition : Abeille de l'Atlas, Le Nador, la Sentinelle Républicaine d'Alger, Courrier de Constantine, Les Deux Frances, Brûlot de la Méditerranée, Gourayah (Bougie), Courrier d'Afrique, L'Algérie, Le Précurseur, L'Afrique Française, L'Etoile d'Afrique, L'Echo de l'Atlas…

La presse algérienne malgré le retour de la censure sous le second empire garda une certaine liberté de ton et d'esprit.

 

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01 octobre 2017

Hammam Meskoutine(Kabylie/suite)

Hamam Meskoutine

 

 132___Hammam_Meskoutine                                              

Hammam Meskoutine

 

Lorsque l'on est à Constantine,il ne faut pas manquer d'aller à Hammam Meskoutine.

Il y a là, des sources d'eau chaudes donnant 90.000 litres  à la minute.Les terrasses formées par les dépots calcaires des eaux sont fort curieuses.Elles n'égalent pas les fameuses terrasses roses de la Nouvelle Zélande,mais donnent l'idée de ce que pouvaient être celles-ci avant l'éruption volcanique dans laquelle elles ont disparu.Hammam Meskoutine jouit, pendant l'hiver,d'un climat très doux et en même temps d'un air fort pur en raison de sa situation au milieu des montagnes.(souce:R; de Bonnand- La france et l'afrique du nord/1912)

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01 septembre 2017

L'Hôtel Aletti-Palace d'Alger

 Hôtel Aletti

Charlie Chaplin

 

 

 

 

 

 

L’Aletti est une splendeur de l’Art déco et l’un des lieux les plus fascinants d’Alger.

Il fut construit à grands frais et inauguré lors de la célébration du centenaire de la présence coloniale en Algérie, l’été 1930,par Charlie Chaplin. Ce grand palace de classe internationale,où Joséphine Baker,sous lieutenant de l'armée de l'air des Forces Francaises libres(FFL)avait dansé aprés le débarquement Anglo Américain de 1942,appartenait aux frères Aletti (Jacques, Louis et Robert),d’où son nom.

Des personnalités de grand renom ont séjourné dans cette hôtel : Charlie Chaplin (Charlot), Caroline de Monaco, Albert de Monaco, Nelson Mandela, Patrice Lumumba, François Mitterand (quand il était ministre de l'Intérieur de l'Etat français), Jean Claude Brialy (qui a fimé des séquences sour son long métrage "Sur les traces de mon enfance"), Frédéric Mitterand, Ferhat Abbas, Houari Boumediene,Mohamed Khider, Mohamed Boudiaf, Messali Hadj, Fdel Castro, Hassan II, Charles Aznavour, Georges Brassens..…..

L'hôtel Aletti disposait au sous-sol d'une salle de jeux et d'une salle de spectacles, "Le casino municipal", ainsi que d'une salle de cinéma, d'un restaurant, d'un bar, d'un salon de coiffure, de boutiques, d'un cabaret...Il a été rebaptisé Safir en 1984.

Voir aussi→Joseph_Aletti

 

Hôtel Safir

                                            Hôtel Safir (ex Aletti)

                    http://www.algerie-monde.com/hotels/alger/es-safir/

 

 

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02 août 2017

Le théatre des trois baudets-Alger

 Theatre des 3 baudets-Alger

 Le théatre des trois baudet se trouvait rue Mogador, juste à côté des escaliers de la rue Levacher
Ses chansonniers : Pierre-Jean Vaillard, Christian Vebel et Georges Bernardet qui plus tard, poursuivirent à Paris sous le nom des " Deux Ânes ".
Pierre-Jean Vaillard est né à Sète le 12 mars 1918 .
Chansonnier, , auteur d'aphorismes,comédien de théatre et de radio , il a été à l'origine, avec jacques Canetti, de la fondation, en 1943, de ce théatre .
Bloqué ou réfugié à Alger pendant la guerre P.J Vaillard a tenu plusieurs années de suite, avec un autre pied noir Christian Vebel, la scène des Trois Baudets au théâtre Mogador, animant à cette même époque de nombreuses émissions de radio. Le théâtre de 10 heures à Paris devint le rendez des chansonniers d'après guerre. La télévision, disait il, en fermant les yeux, c'est presque aussi bien que la radio.
Il a vécu les 13 dernières années de sa vie à Paris,auprés de sa compagne Martine Arisi (elle même comédienne se produisant au Théatre des deux Anes) en dernier lieu rue Saint Simon à Paris non loin de la maison de Gainsbourg. il est mort le17 février 1988  et repose au cimetière de Montmartre (26e division).

Source :http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Jean_Vaillard

          et témoignage de :  Lorette MAZET-BRACHET(demie soeur de Martine Arisi)

 

rvx_brassens1 P.j.Vaillard en compagnie de Georges Brassens

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02 juillet 2017

Lascaux-Tassili N'ajjer

Face à ces gravures rupestres situées à des milliers de kilomètres les unes des autres,ne devons nous pas nous intérroger sur ce que fut le début de l'humanité?
Lascaux                                                                                           
vache_qui_sauteRotonde

Visite virtuelle de la grotte de Lascaux: ▼

http://www.lascaux.culture.fr/#/fr/02_00.xml

Voir aussi:http://whc.unesco.org/fr/list/179

 

Tassili N'Ajjer            

Tassili_17Tassili_18

 Paysage du Tassili n'ajjer ▼

 

Tassili-n-Ajjer3

Voir :http://whc.unesco.org/fr/list/179

 

 

Cité de Sefar(extrait de "Algérie vue du ciel)

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27 juin 2017

27 juin 1962- L'Espagne au secours des Pieds noirs abandonnés par la France

27 juin 1962 : deux navires de guerre espagnols sauvent plus d’un millier d’Oranais

Ils attendaient là, assis sur des caisses, entourés de vieilles valises, de ballots, de couffins, quelquefois de petits cadres de bois faits à la main, étouffants dans la chaleur de l’été, espérant un signe, un ordre de dernière minute, quelqu’un qui leur dirait : « Embarquez ! ».

De Gaulle avait donné l’ordre au gouvernement français de ne pas utiliser les navires de guerre pour abréger leur attente et, sur son ordre, le gouvernement avait refusé l’offre de compagnies de navigation étrangères qui souhaitaient apporter leur aide.

Il était allé bien plus loin en demandant aux compagnies de navigation, la Transat, la Compagnie de Navigation Mixte et la Société Générale des Transports Maritimes, de réduire le nombre de rotations hebdomadaires (il y en eut 16 en février, 7 en mars et seulement 3 en avril) afin de ralentir le rapatriement et d’empêcher une arrivée massive de Français d’Algérie.

Les vols d’Air France et Air Algérie étaient également réduits de moitié. Cette politique d’abandon, totalement programmée par le chef de l’État, a coûté des centaines de vies humaines.

Peu lui importait qu’ils soient massacrés sur place, sur les quais.

Fort heureusement et très courageusement, contre les ordres reçus, les commandants de quelques bateaux acceptèrent beaucoup plus de passagers que la limite maximale autorisée. Ainsi le « Jean Laborde» des Messageries Maritimes quittait les quais d’Oran en direction de Marseille avec 1 430 passagers au lieu des 420 autorisés.

Ce fut le cas dans tous les ports d’Algérie avec les « Ville de Bordeaux», « Ville de Tunis», « El Djezair » et surtout le « Kairouan » qui battait tous les records avec plus de 1 900 passagers sur une capacité de 1 172 places.

Le « Cambodge » avait lui une capacité de 440 passagers. Alors qu’une fusillade éclatait sur les quais, faisant plusieurs victimes, le capitaine permettait à 1 233 personnes d’embarquer.

Le « Lafayette » en avait pris 1 200 et le « Kairouan » 2 200.

Les commandants et les équipages de ces bateaux ont eu une conduite exemplaire et patriote, contre les ordres du gouvernement et du chef de l’État et ils ont sauvé des centaines de vies humaines.

Alors que la France abandonnait à la furie sanguinaire du FLN et de l’ALN des milliers de citoyens français, l’Espagne envoyait plusieurs navires civils et deux navires de guerre pour aider le départ des Oranais (il est vrai qu’en 1962 les Martinez, Gomez, Fernandez, Lopez et autres Segura n’étaient que des Français…d’origine espagnole. Ce qui n’était pas le cas lorsqu’ils versaient leur sang pour libérer la France lors des première et seconde guerres mondiales).

Le 27 juin, deux navires de guerre espagnols se présentaient à l’entrée du port d’Oran dans le but de transporter le maximum de Français d’origine espagnole vers la péninsule ainsi que les derniers partisans de l’OAS.

Le général Katz, responsable militaire, sur ordre du gouvernement français, leur interdisait de pénétrer dans le port sous le prétexte absurde « que l’on n’avait pas besoin d’eux ».

Ces deux navires de guerre ont récupéré plus d’un millier de personnes qui avaient réussi à se rendre « par leur propre moyen » à la limite des eaux territoriales.

Des CRS ont voulu monter à bord afin de contrôler les identités mais les capitaines de ces deux navires de guerre leur en ont interdit l’accès : « Vous êtes ici en territoire espagnol ! »

Plusieurs centaines d’Oranais n’ont pas eu la chance de quitter leur ville entre ce 27 juin et le 5 juillet 1962 et ils furent massacrés dans des circonstances abominables.

L’Algérie française c’était fini, de Gaulle l’avait finalement liquidé mais dans quelles conditions ?

Voici l’appréciation que l’ancien ministre résidant de l’Algérie, Robert Lacoste, gouverneur général jusqu’au 13 mai 1958 et député socialiste, donc pas très favorable à la colonisation, a porté sur de Gaulle : « De Gaulle a fini la guerre d’Algérie comme un charcutier ».

Il estimait donc, à juste titre d’ailleurs, que de Gaulle avait du sang sur les mains.

C’est en tous les cas l’interprétation que je me fais de sa déclaration.

Il est vrai qu’il aurait pu tout aussi bien dire : « comme un boucher ». Cela aurait été plus approprié !

Manuel Gomez

PS : Le mardi 17 juillet 1962, 3 400 personnes, qui attendaient sur les quais depuis dix jours, avaient pu enfin embarquer et échapper ainsi à un massacre certain.

Source :http://www.nice-provence.info/blog/2017/06/27/france-pas-sauver-propres-naufrages-rapatries-algerie/#sthash.Ey4OFpeL.gbpl

Exode Oran 1962

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06 juin 2017

Robert Abdesselam-Champion de tennis

TENNIS, nous aussi nous avions nos champions en Algérie Française...
.
Robert Abdesselam, homme exceptionnel... tennisman, avocat international puis politicien -- Député d'Alger -- était né le 27 janvier 1920 à El Biar, d'un père kabyle et d'une mère française.
LE CHAMPION DE TENNIS..
« Ma mère m’a initié au tennis en 1927, j’avais 7 ans et les Mousquetaires étaient bien évidemment mes idoles ». C’est ainsi que "Bob" évoquait ses débuts dans le tennis.
Il aura même l’occasion, alors qu’il n’est âgé que de 10 ans, d’échanger des balles avec Jean Borotra. Première série de 1937 à 1956, n° 2 français à cinq reprises, il porte les couleurs de l’équipe de France en Coupe Davis 21 fois en sept ans (1947-1953), 11 victoires simples et doubles confondus.
En 1947, alors âgé de 26 ans, il parvient en huitième de finale à Wimbledon.

LES HONNEURS...
Au cours de sa vie, Robert Abdesselam a reçu de nombreuses distinctions, dont celles de Commandeur de la Légion d’honneur, commandeur du Mérite sportif, et titulaire de la Croix de guerre 1939-1945, on dit de "Bob" qu'il a eu mille vies...

►►► Miraculé...
En mai 1960 à Paris, il est victime d’un terrible attentat organisé par le FLN.
Robert Abdesselam est criblé de balles, miraculé du fait qu’une balle de l’exécuteur s’enraille et aussi qu’une balle soit stoppée, plein cœur, par son carnet d’adresses !
Comme l’écrit Michel Lacoste, dans la préface de la biographie de Robert Abdesselam, « une vie criblée de balles ».

source : mémoire France Afrique du Nord

Robert Abdesselam

            Robert Abdesselam

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08 mai 2017

8 Mai 1945 à Guelma

guelma001
Aujoud'hui,certains vont surement parler des massacres de Setif et Guelma..le 8 mai 1945.Mais savent ils que le sous prefet Achiary ,chargé de la répression,était né à Tarbes (pas pied noir) et socialiste depuis son plus jeune age!!! Il avait une villa à l'îlot ,à Guyotville,à droite,sur la route de  Ras Acrata,reconnaissable à son crépi au "silexor" de couleur rougeatre.

André Achiary - Wikipédia

Nous sommes le 8 mai 1945 à Sétif, la journée s'annonce radieuse, la ville est entièrement décorée, les bâtiments officiels ont arboré le grand pavois. Toutes les habitations européennes sont recouvertes d'emblèmes tricolores. Plusieurs manifestations officielles sont prévues, l'après- midi entre autres au stade Eugène Girod, des bals publics sont organisés dans plusieurs quartiers. La population européenne s'apprête à participer à toutes ces manifestations dans la joie, dans l'euphorie....

....http://www.pn-vigilance.fr/malte0041.html

Voir aussi :

Les_massacres_de_Sétif_8_mai_1945_m_Faivre_12___08

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22 avril 2017

La fin du 1er REP-Régiment prestigieux

Nous n'avons rien oublié !

Avril 1961 - Il y a 56 ans, disparaissait, en Algérie, la plus prestigieuse unité de la Légion Étrangère !

Citation intégrale du texte rédigé par Joseph CASTANO
LA FIN DU 1er REGIMENT ETRANGER DE PARACHUTISTES - 1er REP

Hommage à Hélie Denoix de Saint Marc


«L’Honneur est-il dans l’obéissance absolue au pouvoir légal, ou dans le refus ‘abandonner des populations qui allaient être massacrées à cause de nous ? J’ai choisi selon ma conscience. J’ai accepté de tout perdre, et j’ai tout perdu. Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié »

(Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc - « L’aventure et l’espérance. »)

22 Avril 1961

Une agitation anormale prenait naissance. On signalait des mouvements imprévus des véhicules de groupes de transport. Il était une heure du matin et les légionnaires du 1er REP, commandés par le Commandant, Hélie Denoix de Saint-Marc, fonçaient sur Alger.

Pouvait-on vivre chargés de honte? La France s’enfonçait dans les égouts, la France n’existait plus. A son secours volaient les légionnaires, prêts à verser leur sang si la Légion le leur demandait, marchant de leurs pas d’éternité vers la vie, vers la mort, fidèles à eux-mêmes, aux pierres tombales qui jonchaient leur route, fidèles à l’honneur.

Au même moment, d’autres « Seigneurs de la guerre/» investissaient les grandes villes d’Algérie : le 1er Régiment Etranger de Cavalerie du Colonel *de la Chapelle*, le 5ème Régiment Etranger d’Infanterie du Commandant Camelin, le 2ème Régiment Etranger de Parachutistes entraîné par ses capitaines et son commandant, le cdt Cabiro, dès lors que son chef, le colonel Darmuzai était « déficient », les 14ème et 18ème Régiments de Chasseurs Parachutistes des Colonels Lecomte et
Masselot, le groupement des commandos de parachutistes du Commandant Robin, les commandos de l’air du Lieutenant-colonel Emery ! Les fleurons de la 10ème et de la 25ème Division de Parachutistes.

Et puis d’autres unités se rallient au mouvement : le 27ème Dragons du Colonel Puga, le 7ème Régiment de Tirailleurs Algériens, le 1er Régiment d’Infanterie de Marine du Commandant Lousteau, le 6ème RPIMA du Lieutenant-Colonel Balbin et le 8ème RPIMA du Colonel Lenoir, le 94ème RI du Colonel Parizot, le 1er RCP du Colonel Plassard, le 9ème RCP du Colonel Brechignac. A noter aussi le ralliement immédiat des *harkis* du Commandant Guizien, basés à Edgar-Quinet, village situé au pied de l’Aurès. Au lendemain du cessez-le-feu, ils paieront très cher leur fidélité : un millier de ces supplétifs, avec femmes et enfants, seront massacrés dans des conditions effroyables.

Néanmoins quelque chose avait filtré du projet. Il n’est pas de secret que puissent garder tant d’hommes en marche vers leur mystérieux rendez-vous. De confuses alertes chuchotées de bouche à oreille avaient couru d’un bout à l’autre de l’Algérie, affolant par l’imminence d’un événement qu’ils pressentaient, de courageux officiers qui s’étaient ainsi rués dans l’une de ces échappatoires qui leur permettrait, plus tard, de pouvoir se disculper tant auprès des vaincus que des vainqueurs. Ils s’étaient fait mettre en permission pour éluder le choix et des quatre coins d’Algérie, des chefs étaient partis pour ne pas être présents quand se lèveraient les aurores difficiles.
Pourtant, des années durant, sur les tombes des officiers tués au combat, ces mêmes chefs avaient limité leur oraison funèbre à un serment prêté sur les cercueils drapés de tricolore : « Nous n’abandonnerons jamais l’Algérie ! ». Qu’en était-il aujourd’hui ?

Fallait-il dans ce cas employer la force ? C’est dans de tels moments que bascule le destin des hommes et c’est à ce moment-là que bascula celui de l’Algérie française.

Parce que la fraction de l’armée qui s’était révoltée refusait de mener le même combat que la rébellion, la bataille allait être perdue. Parce que les généraux, notamment le général Challe, avaient eu la naïveté de croire qu’une révolution se faisait sans effusion de sang et pouvait se gagner uniquement avec le coeur et de nobles sentiments, ils allaient entraîner avec eux dans leur perte les meilleurs soldats que la France n’ait jamais eus et tout un peuple crédule et soumis.

A l’évidence, ils négligèrent les recommandations d’un célèbre révolutionnaire : Fidel Castro, dont la doctrine était la suivante : « Pour faire une révolution, il vaut mieux un chef méchant que plusieurs
chefs gentils ».

25 Avril 1961

Le général Challe prend la décision de mettre fin au soulèvement et de se livrer au bon vouloir de Paris. Ce faisant, il va consacrer la défaite des plus belles unités, livrer 20 ans de sacrifices et d’expérience. Ce qu’il remet à l’ennemi, c’est la force morale d’une armée qui retrouvait le goût de vaincre, c’est tout un capital jeune et révolutionnaire qu’elle avait amassé avec tant de souffrance pour la nation.

Dès lors, le choc psychologique provoqué par la reddition du chef va être considérable. Dans des circonstances d’une telle intensité dramatique, la fermeté du commandement est la bouée qui retient les faibles et les indécis. Qu’elle vienne à couler et c’est le sauve-qui-peut. Remontent alors en surface les résidus de l’humanité : les attentistes, les lâches et les habiles ! Ah ! Il ne leur reste pas beaucoup de temps pour sortir de leur prudence et prouver qu’ils méritent d’accéder au grade supérieur. Du coup, l’État retrouve pléiade de serviteurs zélés, moutons de Panurge revus et corrigés par l’Élysée, même si le grand cordon d’une légion d’honneur leur sert de collier.

C’est désormais la débandade ! Outre les officiers qui ont refusé de franchir le rubicond et qui louent désormais le Seigneur pour leur « bon choix », de nombreux officiers putschistes, sentant le vent tourner, se rallient au pouvoir. Les rats quittent le navire !...

Et ce fut la fin! Les camions défilèrent un à un avec leur chargement de généraux, de colonels, de paras et de légionnaires. Les hommes chantaient une rengaine d’Édith Piaf : « Non, rien de rien ! Non, je ne regrette rien » tandis que d’autres camions arrivaient maintenant, portant des soldats du contingent métropolitain qui chantaient, indifférents à la peine des uns et des autres : « Les Pieds-Noirs sont dans la merde » sur l’air des « gaulois sont dans la plaine ».

Ainsi durant quatre jours et cinq nuits, des hommes valeureux avaient tenté de sauver l’Algérie. Son corps se vidait de son sang, tout sombrait. Leur dignité imposait de se conduire en Seigneurs,
même s’ils étaient chargés de tout le désespoir du monde. Ne rien regretter ? Si ! D’avoir perdu.
Et des camions qui roulaient maintenant dans la nuit profonde, toujours ce chant qui s’élevait encore plus vibrant :
« Non, rien de rien. Non, je ne regrette rien ! »

JE NE REGRETTE RIEN, ce cri allait désormais devenir l’hymne de ceux qui avaient osé et qui avaient tout sacrifié sauf leur honneur.

C’étaient des hommes vaincus – provisoirement -, courageux et généreux qui connaissaient l’adversité. Les légionnaires se souvenaient pour la plupart de leurs combats pour la liberté en Pologne ou en Hongrie, pour d’autres, ceux des rizières du Tonkin, pour d’autres encore, ceux de That-Khé, Dong-Khé, Cao-Bang, Diên Biên Phu qui furent les tombeaux d’unités prestigieuses telles que les 2ème et 3ème Régiments Etrangers et du 1er BEP - Bataillon Étranger de Parachutistes, celui-là même dont les légionnaires du 1er REP étaient les fiers héritiers !

Les appelés des 14ème, 18ème RCP et des commandos, trop jeunes pour avoir connu tant de gloire, demeuraient traumatisés par ces visions apocalyptiques qui les hantaient et que représentaient ces visages lacérés où les yeux manquaient, ces nez et ces lèvres tranchés, ces gorges béantes, ces corps mutilés, ces alignements de femmes et d’enfants éventrés, la tête fracassée, le sexe tailladé. Tous, à ce moment ignoraient le désespoir et savaient que demain la lumière brillerait à nouveau. C’étaient des révoltés à la conscience pure, des soldats fidèles, des Hommes… des vrais !

Quel contraste étonnant cependant entre ces Seigneurs de la guerre que l’on montrait aujourd’hui du doigt sous le sobriquet fallacieux de « mercenaires » et de « factieux », ces soldats-loups à la démarche souple de félins accoutumés à la chasse et au guet, infatigables dans le chaos minéral de l’Aurès, soldats perdus dont l’uniforme collait comme une peau de bête, acceptant le défi de la guerre dans les défilés étroits comme des pièges, sur les pitons enneigés ou brûlés par le soleil, dans l’enfer du désert où le monde mort a chassé celui des vivants… et ces hommes flasques qui entonnaient de plus belle leurs incantations à la quille !...

Au lendemain de la reddition des généraux, le général de Gaulle s’empressa d’épurer l’armée française. L’occasion était trop belle d’en finir avec les contestataires trop fidèles en leur idéal et en leur parole.
C’est ainsi, qu’outre les centaines d’arrestations opérées dans les milieux militaires, policiers et civils, les régiments qui avaient constitué le « fer de lance » du putsch : 1er REP, 14ème et 18ème RCP, Groupement des commandos Parachutistes et Commandos de l’air, allaient être dissous. Le 2ème RPIMA quant à lui, allait être expulsé de ses cantonnements. Dissoutes, également la 10ème et la 25ème Division de Parachutistes. Ne pouvant éliminer toutes les unités compromises sous peine de réduire à néant la force opérationnelle, seul leur encadrement serait sanctionné.

C’est ainsi qu’au cantonnement du 1er REP, l’ordre vint, sec et cruel. Le régiment était aux arrêts ! Tous les officiers de cette prestigieuse unité devaient sur le champ se constituer prisonniers.
Beaucoup de légionnaires refusaient de s’incliner ; ils voulaient livrer un ultime baroud d’honneur. Leur « Camerone » à eux, ils le souhaitaient, ils le désiraient. Mais toute résistance devenait désormais inutile. Leur sacrifice aurait été vain, l’Etat était trop puissant, la France entière était contre eux, elle les avait reniés et l’Algérie était d’ores et déjà condamnée. Les blindés de la gendarmerie mobile cernaient le cantonnement, prêts à leur donner l’assaut. La flotte était là, à quelques encablures, ses canons pointés vers eux.

Allons ! Il faut céder. C’en est fini du 1er REP…

La population européenne tout entière se dirigea vers le camp de Zéralda où les légionnaires étaient cantonnés. Elle voulait dire adieu à « son » régiment, le saluer une dernière fois, lui dire encore
et toujours : *Merci* ! Merci à « *ses* » légionnaires. Les commerçants baissaient leurs rideaux, les jeunes filles portaient des brassées de fleurs. A eux, les portes du camp s’ouvrirent. Les journalistes furent interdits. « Vous ne verrez pas pleurer les légionnaires ! » leur lança un officier. Même les cinéastes du service cinématographique des armées furent refoulés. Pas question de filmer la mort du REP !

Le silence se fit. Une ultime et bouleversante cérémonie aux couleurs, réunit autour du grand mât blanc, la population et ces valeureux baroudeurs, jeunes d’Algérie et vétérans d’Indochine.

Soudain, de la foule en larmes, surgit une petite fille. Tel un ange de blanc vêtu, elle s’avança vers les rangs des légionnaires, une feuille à la main. D’une voix douce et faible elle en fit la lecture. C’était l’ultime hommage du petit peuple de Zéralda à leurs enfants en reconnaissance de leurs sacrifices, leur courage et leur fidélité. Puis elle éleva sa petite main jusqu’à sa bouche et dans un geste empreint d’une infinie tendresse, leur adressa un baiser. A ce moment, les applaudissements crépitèrent et une pluie de pétales de rose tournoya dans les airs.

Gagnés par l’émotion et la rancoeur, des légionnaires parachutistes, le visage tendu, les yeux rougis, sortirent des rangs, ôtèrent leurs décorations couvertes d’étoiles, de palmes et de gloire et les jetèrent devant eux. L’assistance regardait avec une sorte d’effroi ces médailles qui jonchaient le sol. Des femmes les ramassaient et en les embrassant, les rendaient aux paras : « Si, si, reprenez-les ! »
Des officiers pleuraient.

Puis ce fut l’embarquement dans les camions. Certains criaient : « De Gaulle au poteau ! », d’autres « Algérie française quand même! ». Sur leurs joues, des larmes coulaient. D’autres s’efforçaient de sourire à la foule venue en masse pour les saluer et qui s’époumonait à hurler sur leur passage : « Vive la légion ! », tandis qu’à la vue des képis blancs, les gendarmes mobiles s’effaçaient.

La colonne traversa la petite ville où les Européens qui n’avaient pu se rendre au camp couraient sur les trottoirs, leur lançant un ultime adieu. Des mains jetaient des fleurs sous les roues des camions.

Un à un, les lourds véhicules passèrent au milieu des cris, des larmes, des baisers envoyés à la volée. Alors, de la colonne, couvrant le grondement des moteurs, 1200 légionnaires, partagés entre la colère et le chagrin, entonnèrent un refrain aux lentes cadences, pathétique, triste, entrecoupé de sanglots :

« Non, rien de rien, Non, je ne regrette rien… »

Le convoi du 1er REP roulait sur un tapis de roses, de lilas et de pensées. Voie triomphale et triste. Et sous les baisers, les acclamations, les larmes et les fleurs, il disparut dans un dernier nuage de poussière, convoi de mariniers halé par une complainte grave, emportant avec lui les plus folles espérances…

Pauvre régiment ! Si glorieux ! Que triste est ton sort aujourd’hui ! Et dans son sillage se traînait déjà, lamentablement, le fantôme déguenillé de l’Algérie française…

Et tandis que les légionnaires roulaient vers leur destin, d’autres hommes, d’autres « Seigneurs de la guerre », braves et courageux, parachutistes et commandos des unités putschistes dissoutes
assistaient, la rage au coeur, à l’amené du drapeau, de ce même drapeau qu’ils avaient eux aussi défendu au prix du sang dans les rizières d’Indochine et sur les pentes des djebels. La 10ème et la 25ème Division de Parachutistes avaient fini d’exister !...

Créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, le BEP (Bataillon Étranger de Parachutistes), appellation originelle de l’unité, avait été deux fois sacrifié en Indochine. Une première fois au Tonkin où 17 légionnaires seulement revinrent d’une mission « suicide », puis à Diên Biên Phu où durant deux mois il connut le cauchemar que l’on sait. Sur le millier d’hommes qui reconstituèrent l’unité après leur premier sacrifice, moins d’une dizaine survécurent…

Reconstitué en 1955 pour les besoins de la guerre d’Algérie sous l’appellation de REP (Régiment Étranger de Parachutistes), il mit hors de combat 8000 « fells », récupéra plus de 5000 armes mais compta également 300 tués - dont le Colonel Jeanpierre - et 500 blessés.

Pour son seul séjour en Algérie, le 1er REP avait reçu pour ses légionnaires parachutistes, plus de trois mille citations. Son drapeau portait cinq palmes et la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

Il était le premier régiment de choc de l’armée française. Premier par sa bravoure, premier par son sacrifice, premier par ses héros qui le composaient, premier par ses citations, douloureusement premier par le nombre de ses morts et premier dans le coeur des Pieds-Noirs.

De toute cette gloire, il ne reste aujourd’hui que des souvenirs…

Puis le « cessez- le- feu » fut proclamé. L’ennemi d’hier devint l’interlocuteur privilégié de l’état français… et ce fut la fin.

Une nouvelle fois le drapeau tricolore fut amené. Une nouvelle fois l’armée française plia bagages poursuivie par les regards de douleur et de mépris et les cris de tous ceux qu’elle abandonnait. Le génocide des harkis commençait…

Dans le bled - comme en Indochine - les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s’accrochaient désespérément aux camions et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont, là, des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier…

Et c’est de cette façon que mourut l’Algérie française… dans la honte,
les larmes et le sang… Oui, c’était bien la fin! la fin d’un monde… la fin d’une génération de soldats… la fin d’une épopée… la fin d’un mythe… la fin d’une race d’hommes… de vrais… celle des Seigneurs de la guerre !

Et si ces hommes avaient choisi de se battre jusqu’au bout, s’ils avaient vomi le renoncement, c’était encore pour une certaine idée qu’ils se faisaient de la France, c’était pour l’Algérie française leur seul idéal, c’était pour le sacrifice de leurs camarades qu’ils ne voulaient pas vain, c’était pour ces milliers de musulmans qui avaient uni leur destin au leur, c’était pour ces « petits Français de là-bas » qui étaient les seuls à les comprendre et à les aimer et c’était aussi parce qu’ils avaient choisi de se fondre dans un grand corps aux réflexes collectifs, noués dans la somme des renoncements individuels et que par ce chemin, ils atteignaient à une hautaine dimension de la LIBERTÉ.
Mais le peuple d’Algérie, lui, n’exprimera jamais assez sa gratitude à ces « soldats perdus», à tous ceux qui, par sentiment profond, ont risqué leur vie, ont abandonné leurs uniformes, ont sacrifié leur carrière, ont été séparés de leurs familles - parfois durant de longues années - ont connu la prison, l’exil, le sarcasme de leurs vainqueurs et de ceux qui n’avaient pas osé, des lâches, des poltrons et des traîtres pour être restés fidèles à leurs serments et à leur idéal.

Le temps passera, l’oubli viendra, les légendes fleuriront, mais jamais assez l’histoire ne mesurera la grandeur de leur sacrifice.

José CASTANO

« J’ai choisi la discipline, mais choisissant la discipline, j’ai également choisi avec mes concitoyens et la nation française, la honte d’un abandon, et pour ceux qui, n’ayant pas supporté cette honte, se
sont révoltés contre elle, l’Histoire dira peut-être que leur crime est moins grand que le nôtre».
(Général De Pouilly)

Concernant l’histoire du 22 avril 1961, il appartiendra aux historiens de l’écrire, un jour, avec honnêteté et clairvoyance. Avant toute chose, ils devront établir une liste des colonels et des généraux permissionnaires. Ils découvriront alors que ce « putsch » ne fut rien d’autre, en réalité, que l’épreuve de force entre une élite qui s’engagea, qui jeta tout dans l’aventure jusqu’aux soldes, jusqu’au prestige hérité du passé, jusqu’à la vie… et un troupeau qui éluda l’engagement et l’abandonna aux sergents, parce qu’il avait depuis longtemps choisi entre l’auge et le sacrifice à une idée.

La politique et l’histoire offrent à chaque instant le spectacle de retournements qui, quelques mois, quelques jours, quelques heures auparavant avaient encore paru incroyables. Il semble que le coeur des hommes et leurs intérêts rivalisent d’inconséquence et nourrissent le même goût pour l’imprévu et pour l’imprévisible. La logique et la raison ne s’emparent de leur imagination que pour mettre un semblant d’apparence d’ordre et de nécessité dans le foisonnement de leurs scrupules, de leur indécision, de leurs regrets et de leur versatilité.

Joseph Castano

les_adieux du 1er REP-1961

            Adieux du 1er REP sortant du camp de Zeralda

Populatio acclamant le 1er REP

            Population acclamant les Légionnaires

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