Algerazur

02 septembre 2020

Nos croyances-l'oeil de Sainte Lucie

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        L'oeil de Sainte Lucie

En Algérie, surtout sur la côte ,dans les familles,particulièrement celles ayant des racines siciliennes,on avait un oeil de sainte lucie!S'il perdait son éclat et devenait terne,on disait qu'il était mort.J'en ai toujours un que nous avons ramené et que je conserve précieusement.

Il s'agit de l'opercule d'un mollusque gastéropode dit turbinidé, genre de bigorneau appelé "biou" mais d'une espèce particulière puisque sa coquille n'est pas pointue comme la majorité des bious,mais..ronde .
Des scientifiques signalent la présence de coquilles et opercules du biou ou turbo en région Aquitaine sous la forme de fossiles datant de l'Oligocène. lien : les fossiles de Langoiran
Cet opercule est en nacre orangée, magnifique, et sa forme l'a fait appeler "oeil de Sainte Lucie" par les pêcheurs de la méditerranée. Ils le conservent comme porte-bonheur, associé à l'argent ou la prospérité puiqu'ils le glissent toujours dans leurs porte-monnaies, dans leur tiroir-caisse, porte-feuille, tirelire. Serti, il se porte en permanence comme bijou protecteur. Dans tous les cas il éloignera le "mauvais oeil"! Il existe d'autres espèces de mollusques fabriquant un très bel opercule spiralé d'un côté, nacré de l'autre et qui une fois poli et serti d'argent, or ou vermeil devient un superbe et peut-être extraordinaire bijou.

DSC00358

  mon oeil personnel

Sainte Lucie, la légende.

La mère de sainte Lucie souffrait d'une maladie incurable, mais lorsqu'elle fut guérie, Lucie distribua toutes leurs richesses aux pauvres. Ce geste irrita le fiancé de Lucie qui la dénonça comme étant une chrétienne convertie. Toutefois, le fiancé ne parvenait pas à oublier les beaux yeux de Lucie, si bien qu'elle s'arracha les yeux et les lui fit parvenir dans un plat. Après de nombreux sévices, elle mourut finalement d'un coup de poignard au cou. En Sicile, elle est considérée comme martyre et patronne protectrice des yeux. Elle est invoquée pour soigner les maux des yeux et de la gorge. On la représente portant un plat où reposent ses yeux et tenant dans l'autre main la palme des martyres.

 

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09 août 2020

Zappy Max et le Radio crochet à La Madrague

 

Club nautique la madrague

Dans les années 1950,faisait escale,en été, le Crochet radiophonique,émission réalisée dans le camion d'enregistrement de Radio-Luxembourg. "Dop" du Radio Circus..qui se positionnait au port de La Madrague, à coté du club nautique (actuellement restaurant "chez Sauveur")

Il y avait . la réclame tonitruante du shampooing Dop.  le Radio-Crochet était animé par Zappy Max à la célèbre voix métallique,.. Le meilleur chanteur du jour était acclamé par la foule avec la ritournelle : 

♫ DOP, DOP, DOP, il est adopté par DOP ♫


Tandis que ceux qui chantaient faux étaient virés au son de :

♫ Allez donc vous faire laver la tête, 
avec DOP c'est toujours un plaisir, 
DOP, DOP, DOP ♫

A ce propos,j'ai toujours pensé que le Radio Circus venait à la madrague,sur l'invitation du représentant de l'Oreal à Alger (Mr Rème ),qui louait une maison(la maison Sintés) à Ras Acrata,pendant les vacances....

DOP-Radio crochet

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02 août 2020

Spigol....le safran de Nouz'otres..

 Spigol calendrier

 

Spigol, une affaire de famille !

1876 -L’Aventure commence !

Spigol-magasin Alger

Antoine ESPIG, d'origine espagnole, s'installe à Alger pour importer et commercialiser le safran cultivé en Espagne.

Spigol-boite

1899- Frédéric succède à son père et met au point un nouveau mélange appelé Spigol®, alliance de safran et d'épices nobles pour rehausser les saveurs et la coloration de la paëlla. Contraction de «Espig» et de «Gold», ce nouveau produit très original contenant 3% de safran est également nommé "or rouge". Grâce au « Spigol®», la société connaît un succès immédiat et fulgurant qui dépassera rapidement les frontières de l‘Algérie.

Spigol-fourgon

 

1933-  

 Frederic Espig 

 Frédéric crée une S.A. avec ses 4 enfants, les " Etablissements Espig", et distribue le «Spigol» essentiellement en Algérie, au Maroc, en Tunisie et commence l'export vers l'Espagne et la France.

Spigol-Alger

    

1962-

Espig Marseille

La famille ESPIG s’installe à Marseille en raison de son ouverture portuaire. Une nouvelle société est créée : Cepasco (Centrale des Epices Assaisonnements et Condiments) commercialisant une large gamme d'épices et de mélanges issus des diverses cultures et origines du monde entier sous la marque ESPIG.

1992/2009-L’entreprise déménage à Gémenos, en plein cœur de la Provence et se dote d’équipements qui lui permettent de valoriser la qualité produit. Spigol obtient sa 1ère certification IFS. Il s’agit d’une certification décernée aux entreprises fournissant des produits sains aux consommateurs, respectant la sécurité alimentaire et répondant à un certain nombre d’exigences d’hygiène.

Spigol-Gemenos

2011- Cepasco diversifie son activité en proposant des flacons en grande distribution, lui permettant de présenter des produits de qualité accessible à tous. C'est alors une centaine de références flacon qui vient enrichir la gamme de sachets et de blisters.

2012- Espig, marque experte reconnue par les professionnels !

Espig renforce sa position de marque de référence pour les professionnels de la restauration grâce à la qualité de ses produits et la diversité de son offre produit (plus de 1000 références) et conditionnement. Un nouveau logo pour Espig pour exprimer l’élégance de la marque, la qualité de ses produits et faire le lien avec son histoire.

2015- Spigol fait peau neuve !

Une nouvelle identité graphique pour la gamme GMS pour une qualité plus assumée ! La société continue, par ailleurs, à se développer en France et à l’export.

Source :https://www.spigol.com/histoire



 

 

 

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02 juillet 2020

Jules Verne et l'Algérie

Jules Verne (1828-1905) est rarement cité comme un auteur ayant traité de la conquête de l’Algérie. Il l’a pourtant visitée en deux occasions et aimée. Dans plusieurs de ses romans, il situe l’action en Algérie et plus particulièrement en Oranie. jules-verne

En 1855, la conquête de l’Algérie se poursuit. Jules Verne a 27 ans et écrit des opérettes, des comédies, des poèmes et même des chansons. Il fait alors la connaissance du capitaine Abatucci, commandant d’une compagnie de zouaves qui lui demande d’écrire une  » chanson de marche « . En effet, ce corps d’infanterie, créé en 1831 en Algérie, vient de s’illustrer en Crimée et ne possède pas d’hymne célébrant ses exploits. Jules Verne, patriote, conçoit  » En avant les Zouaves  » (sur une musique d’Alfred Dufresne), chant qui restera peu connu et sera vite détrôné par Le Clairon de Déroulède (1874), remplacé à son tour par le célèbre  » Pan ! Pan ! L’Arbi « , où il est plus sérieusement question de cet étendard des zouaves, authentique régiment des Français d’Algérie pendant les deux grandes guerres, qui flottait  » calme et vainqueur, sous le soleil brûlant de l’Algérie « , avant de  » voler au cri d’appel de la mère Patrie  » ou de se déployer au vent de la Crimée « .
Jules Verne ne marque pas les esprits comme parolier mais connait son premier succès en 1862 avec la publication de Cinq semaines en ballon (1) dont l’action se situe en Afrique centrale. Entre 1860 et 1870, la colonisation de l’Algérie suit son cours, deux des cousins de l’auteur y font une carrière militaire (2) et son beau-frère et ami, Auguste Lelarge, s’installe à Oran. Ce sont eux qui lui fournissent les principaux renseignements lui permettant de rédiger, en 1866, six pages sur les nouveaux départements d’Algérie dans sa Géographie illustrée de la France et des colonies. Bien qu’à usage  » pédagogique « , il y vante les températures,  » le climat d’Algérie est l’un des plus beaux du monde  » et met en valeur l’action colonisatrice et le progrès apporté par la France.
Il écrit ensuite plusieurs ouvrages à succès comme Les enfants du capitaine Grant (1868), Vingt mille lieues sous les mers (1870), De la terre à la lune (1872), etc., mais c’est dans Hector Servadac, voyage à travers le monde solaire, en 1877, que Jules Verne choisit pour la première fois l’Algérie comme cadre d’un roman.

Dans ce livre, la terre est heurtée par une comète ; une portion de la planète est alors propulsée dans l’espace. Sur ce morceau de terre errant dans la galaxie, seule une partie, surnommée  » L’île Gourbi « , est  » féconde et agréable « .
 » Ce cadre charmant « …  » dont de nouvelles plantations avaient fait un riche et vaste verger  » n’est autre qu’une évocation de Mostaganem et de ses alentours.
Des l’année suivante, Jules Verne souhaite découvrir par lui-même la Méditerranée et l’Algérie. Il entreprend une croisière à bord de son voilier  » Le Saint-Michel III « , accompagné de son fils Paul, de son petit-fils Gaston, de Jules Hetzel (fils) et de Raoul Duval. Ils visitent Lisbonne, Cadix, Gibraltar, Tétouan puis Oran, Mostaganem et Alger. A Mostaganem, il retrouve Georges Allotte de la Fuïe et, à Alger, il est reçu par de nombreuses personnalités.
Charmé par ce premier voyage, il repart en 1884 et tient cette fois-ci un journal de bord (malheureusement perdu). A chacune de ses escales, il est accueilli chaleureusement par la population et la presse algérienne locale lui consacre un article. A Oran, l’accueil est particulièrement enthousiaste et pas moins de sept journaux d’Oran commenteront l’événement. On peut notamment citer l’hebdomadaire  » L’Algérie comique et pittoresque  » qui revient sur cette visite dans deux numéros et lui consacre sa page de couverture le 15 juin 1884. La caricature représente Jules Verne assis au fond de l’eau, avec comme horizon la ville d’Oran et la colline de Santa-Cruz.
Il est invité par la Société de géographie d’Oran à un grand punch en présence de la presse, de militaires et de notables de la ville. Il reprend ensuite sa route vers Alger puis Bône avant de rejoindre Tunis, Carthage et de rentrer en France.

Suite à ces deux périples, Jules Verne écrit en 1885 Mathias Sandorf dont l’action se situe en majorité en Méditerranée. Il y évoque les similitudes entre la France et l’Algérie dans des passages comme celui-ci :  » Les riches provinces de cette Algérie qu’on a proposé d’appeler la Nouvelle-France et qui en réalité est bien la France elle-même « . On note un engouement grandissant pour ces nouveaux départements dans Robur le conquérant en 1886 ou Jules Verne décrit Bône,  » et les gracieuses collines de ses environs « , Oran,  » la pittoresque  » ou encore Philippeville  » qui semble avoir été découpée dans le Bordelais ou les territoires de Bourgogne « . Il mentionne également le Sahara et la construction du transsaharien (alors un simple projet).

Mais c’est dans Clovis Dardentor, roman humoristique paru en 1896, que Jules Verne décrit avec le plus de précision et de passion Oran, ville qui tient  » le premier rang entre les villes algériennes  » et l’Oranie, département qui l’a particulièrement séduit puisque le climat y  » est le plus sain d’Algérie « .

Le livre raconte l’épopée de deux jeunes gens sans fortune, Taconnat et Lornans, qui veulent se faire engager au 7e chasseurs d’Afrique. Ils sont accompagnés dans leur périple, de Dardentor, exubérant tonnelier de Perpignan, et du couple Désirandelle. Tous débarquent à Oran et visitent la ville dont Jules Verne décrit les différents quartiers et la population hétéroclite, puis partent en voyage dans la province oranaise avec la Compagnie des chemins de fer algériens.  » L’itinéraire avait été convenablement choisi. Des trois sous-préfectures que possède la province d’Oran, Mostaganem, Tlemcen et Mascara, ledit itinéraire traversait les deux dernières, et, des subdivisions militaires – Mostaganem, Saida, Oran, Mascara, Tlemcen et Sidi-Bel-Abbès – en comprenait trois sur cinq « . Jules Verne insiste dans ses longues représentations de ce trajet en train, sur la ressemblance entre les villages d’Oranie et ceux des campagnes françaises, sur la mise en valeur du pays avec ses routes nationales « , bordées de talus propres et de bornes militaires.

Il dépeint notamment Saint-Denis du Sig et ses environs comme  » des terres d’une exceptionnelle fertilité, des vignobles superbes qui tapissaient le massif isolé auquel s’appuie la bourgade, sorte de forteresse naturelle facile à défendre  » ; Mascara est décrite telle  » l’une des plus jolies villes d’Algérie « . Arrivés à Saïda, ils poursuivent par une promenade en caravane dans le Tell, région  » la plus favorisée de la province d’Oran  » pour arriver à Daya.

Dardentor et ses comparses ferment ensuite le cercle en passant par Sebdou  » située au milieu d’un pays dont les sites sont de toutes beauté, le climat d’une salubrité exceptionnelle, la campagne d’une fertilité incomparable « , s’arrêtent à Tlemcen  » si jolie qu’on l’appelle la Grenade africaine  » puis Lamoricière et Sidi-Bel-Abbès. Il s’inspire largement du guide Joanne dans ces descriptions mais fait également appel à ses propres souvenirs. Il n’oublie pas de rendre hommage à l’hospitalité des populations et aux produits locaux en écrivant  » ce repas fut arrosé des bons vins d’Algérie, principalement le blanc de Mascara « .

Enfin, Jules Verne évoque de nouveau l’Algérie et plus largement l’Afrique du Nord dans son dernier roman  » L’invitation de la mer  » paru l’année de sa mort, en 1905. Il s’inspire du projet de  » mer intérieure « , propose par le commandant Roudaire (1874) et imagine une importante transformation d’une partie du Sahara en un immense lac intérieur, transformation à laquelle sont opposées les tribus locales. Il y décrit avec verve l’occupation et la pacification française, les mœurs des Touaregs, à travers les espoirs et aventures de son héros, l’ingénieur Schaller, qui affirme :  » Cent ans après que le drapeau français fut planté sur la casbah d’Alger, nous verrons notre flottille française évoluer sur la mer saharienne « .

Jules Verne, au travers de ses différents romans, a donc dépeint avec passion l’histoire de l’Algérie françaises du XIXe siècle. Il ne s’est pas attaché, comme ses contemporains, à l’exotisme et au pittoresque du  » pays « , mais plutôt aux bienfaits de la colonisation. Il a souligné la ressemblance croissante entre les trois départements d’Afrique du Nord et la métropole, loué le travail réalisé par les colons et admiré la mise en valeur des terres. Opposé à la colonisation  » à l’anglaise « , il approuvait les méthodes de la France qui  » ont profité à tous les habitants de l’Algérie  » et croyait dur comme fer en l’Algérie française.

Notes :
(1) Apres avoir signé son premier contrat d’édition avec M. Hetzel.
(2) Maurice Allote de la Fuÿe, officier du génie et archéologue et Georges Allote de la Fujie, officier de spahis et futur général.

Sources : exode1962.fr
Georges-Pierre Hourant, Ils ont tant aimé l’Algérie – Dix écrivains voyageurs à l’époque française, Editions Mémoire de Notre Temps, 2003. Jules Verne, Clovis Dardentor ; Editions Hetzel, 1896.
L’Echo de l’Oranie – N°356 – janvier-février

 

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17 juin 2020

Alger et son tramway

Le Tramway de notre enfance...

 

J'ai parlé en son temps des débuts de la Télévision en Algérie avec le lancement officiel le 24 décembre 1956.

voir:

Les débuts de la télévision - Algerazur

Cette photo du tramway devant la grande poste d'Alger ,a certainement été prise en décembre 1956(Voir panneau sous la flèche indiquant le 1er salon de la télévision)

grande_poste_arr_cr

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02 mai 2020

Le RUA et Albert Camus

 

Le RUA à Alger

Quand le drapeau Français flottait encore sur le club....

Rua 1962 - Copie

 

Albert Camus raconte:

RUA-INSIGNE

Oui, j'ai joué plusieurs années au RUA. Il me semble que c'était hier. Mais lorsqu'en 1940, j'ai remis les crampons, je me suis aperçu que ce n'était pas hier. Avant la fin de la 1ère mi-temps, je tirais aussi fort la langueque les chiens kabyles qu'on rencontre à 2 heures de l'après-midi, au mois d'août, à Tizi-Ouzou. C'était donc il y a longtemps, 1928 et la suite je crois. J'avais débuté à l'Association sportive de Montpensier. Dieu sait pourquoi puisque j'habitais Belcourt, et que Belcourt Mustapha c'est le Gallia. Mais j'avais un ami, un velu, qui nageait au port avec moi et qui faisait du water polo à l'A.S.M. C'est comme ça que se décident les vies. L'A.S.M. jouait le plus souvent au champ de Manoeuvres, sans raison visible là encore. Le terrain avait plus de bosses qu'un tibia d'avant-centre en visite au stade Alenda (Oran). J'appris tout de suite qu'une balle ne vous arrivait jamais du côté où l'on croyait. Ça m'a servi dans l'existence et surtout dans la Métropole où l'on n'est pas franc du collier. Mais au bout d'un an d'A.S.M. et de bosses, on m'a fait honte au lycée. Un "universitaire" devait être au RUA. A cette époque le velu avait disparu de ma vie. Nous n'étions pas fâchés. Seulement, il allait maintenant nager à Padovani,où l'eau était impure. Pour tout dire, ses raisons n'étaient pas pures non plus. Moi je trouvais que sa raison était charmante mais qu'elle dansait mal, ce qui chez une femme me paraissait inacceptable. C'est à l'homme de marcher sur les pieds non ? Alors, le velu et moi, on s'est seulement promis de se revoir. Mais les années ont passé. Beaucoup plus tard, j'ai fréquenté le restaurant Padovani (pour des raisons pures) mais le velu s'était marié avec son poids lourd qui devait, selon l'usage, lui interdire de se baigner !

Où en étais-je ? Oui, le RUA. Je voulais bien y entrer, l'essentiel pour moi étant de jouer. Je piétinais d'impatience du dimanche au jeudi, jour d'entraînement, et du jeudi au dimanche, jour de match. Alors va pour les universitaires. Et me voilà gardien de but de l'équipe junior. Oui, cela paraissait tout simple. Mais je ne savais pas que je venais de contracter une liaison qui allait durer des années à travers tous les stades du département et qui n'en finirait plus. Je ne savais pas que, vingt ans après, dans les rues de Paris ou même de Buenos-Ayrès (oui,ça m'est arrivé) le mot de RUA, prononcé par un ami de rencontre, me ferait encore battre le coeur, le plus bêtement du monde. Et puisque j'en suis aux confidences, je puis bien avouer qu'à Paris, par exemple, je vais voir les matches du Racing Club de Paris, dont j'ai fait mon favori, uniquement parce qu'il porte le même maillot que le RUA, cerclé de bleu et de blanc. Il faut dire d'ailleurs que le Racing a un peu les mêmes manies que le RUA. Il joue "scientifique ",comme on dit, et scientifiquement, il perd les matches qu'il devrait gagner. Il parait que ça va changer (d'après Lefèbvre), au RUA du moins. Il faut en effet que ça change, mais pas trop. Après tout c'est pour cela que j'ai tant aimé mon équipe, pour la joie des victoires si merveilleuse lorsqu'elle s'allie à la fatigue qui suit l'effort, mais aussi

pour cette stupide envie de pleurer des soirs de défaites.

J'avais pour arrière le Grand, je veux dire Raymond COUARD. Il avait fort à faire, si mes souvenirs sont bons. On jouait dur avec nous. Des étudiants, fils de leurs pères, ça ne s'épargne pas. Pauvres de nous, à tous les sens, dont une bonne moitié étaient fauchés comme les blés ! Il fallait donc faire face. Et nous devions jouer à la fois "correctement", parce que c'était la règle d'or du RUA, et "virilement", parce qu'enfin un homme est un homme. Difficile conciliation ! Ça n'a pas du changer, j'en suis sûr. Le plus dur c'était l'Olympique d'Hussein-Dey. Le stade est à côté du cimetière. Le passage était direct, on nous le faisait savoir sans charité. Quant à moi,pauvre gardien, on me travaillait au corps. Sans Raymond j'aurais souffert. Il y avait Boufarik aussi, et cette espèce de gros avant-centre (chez nous on l'appelait Pastèque) qui atterrissait de tout son poids régulièrement, sur mes reins, sans compter le reste : massage des tibias à coups de crampons, maillot retenu à la main, genou dans les parties nobles, sandwich contre le poteau.. .etc... Bref, un fléau. Et à chaque fois, Pastèque s'excusait d'un "Pardon, fils "avec un sourire franciscain.

Je m'arrête. J'ai passé déjà les limites fixées par LEFEBVRE. Et puis je m'attendris. Oui, même Pastèque avait du bon. Du reste, soyons francs, nous lui avons rendu son compte. Mais sans tricher, car il est vrai que c'était la règle qu'on nous enseignait. Et je crois bien qu'ici je n'ai plus envie de plaisanter. Car, après beaucoup d'années où le monde m'a offert beaucoup de spectacles, ce que finalement je sais sur la morale et les obligations des hommes,c'est au sport que je le dois, c'est au RUA que je l'ai appris. C'est pourquoi le RUA ne peut pas périr. Gardez le nous. Gardez-nous cette grande et bonne image de notre adolescence. Elle veillera aussi sur la vôtre.

Albert CAMUS

le "RUA". Mercredi 15 avril 1953

Histoire du RUA:

http://www.cagrenoble.fr/Maurice%20Faglin/Maurice%20Faglin.pdf

Piscine Padovani-el Kettani - Copie

Picine El Kettani(anciennement Padovani) ...aujourd'hui

                     ....Et là...Piscine du RUA en 1950

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01 mai 2020

La bombe du 1er mai 1962

bombe-beryl-1mai62-algerie

 

 Aprés les accords d'Evian,alors que la situation s'aggravait ,que les attentats et enlèvements s'amplifiaient,la priorité pour la France restait la poursuite de son programme nucléaire !

Le premier mai 1962 les Français ont effectué un essai nucléaire souterrain à In Ecker, au Sahara .Au cours du tir Béryl ,l'explosion atomique souterraine provoqua l'écroulement d'une montagne, libéra un nuage radioactif dans l'atmosphère, (Photo ci-dessus)et contamina plusieurs personnes. L'épisode fut déclassifié de nombreuses années plus tard.
L'accident de Béryl (du nom de code de l'essai) est un accident nucléaire qui s'est produit le 1er mai 1962 
lorsque la France réalisait son second essai nucléaire souterrain dans les départements français du Sahara (Algérie française ), pour mettre au point sa bombe atomique .

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_de_B%C3%A9ryl

Voir aussi :  L'essai_rate__Beryl_d'In_Ekker

"L'Algérie, de Gaulle et la bombe"  →https://www.youtube.com/watch?v=-n-O8IKVrrc

Témoignage ▼

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03 avril 2020

Arrivée des pieds noirs et relance de l'économie en 1962

chalutiers d'Algérie

"Rendons à César ce qui lui appartient. L'arrivée des pieds-noirs en 1962, au moment où l'Algérie devenait indépendante, s'est avérée être un plus pour l'économie de Port la Nouvelle . Car la plupart des hommes étaient des pêcheurs." Non,vous ne révez pas,ces lignes ne sont pas de votre serviteur ,mais tirés d'un article sur: 

http://www.cabotages.fr

Et Oui,honni soit qui mal y pense,nous avons tous participé à l'économie,en travaillant d'abord(et on ne choisissait pas,car...pas de Rmi, ni Rsa....)

Voir intégralité de l'article:

http://www.cabotages.fr/port-la-nouvelle-les-chalutiers-de-l-autre-cote-de-la-mediterranee.html

Port_la_nouvelle_1962

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/decolonisation/video/CAF94073471/chalutier-a-perpignan.fr.html

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29 mars 2020

Attribution et officialistion du nom Algérie

 

Rendons à César ce qui appartient à César. L'Algérie, n'éxistait pas en 1830, c'est une dénomination officielle…voir texte suivant :

Algérie av 1830

Objet : ATTRIBUTION ET OFFICIALISATION DU NOM « ALGÉRIE » en date du 14 octobre 1839

ATTRIBUTION ET OFFICIALISATION DU NOM ALGÉRIE,

NEUF ANS APRÈS LE DÉBARQUEMENT DES TROUPES FRANÇAISES

Paris, le 14 octobre 1839

Monsieur le Maréchal, puisqu'à ce jour le territoire que nous occupons dans le Nord de l'Afrique a été désigné, dans les communications officielles, soit sous le nom de Possession française dans le Nord de l'Afrique, soit sous celui d'ancienne Régence d'Alger, soit enfin sous celui d'Algérie, cette dernière dénomination plus courte, plus simple et en même temps plus précise que toutes les autres, m'a semblé devoir dorénavant prévaloir. Elle se trouve d'ailleurs déjà consacrée par une application constante dans les documents distribués aux chambres législatives et dans plusieurs discours du trône. Je vous invite, en conséquence, à prescrire les mesures nécessaires pour que les diverses autorités et généralement toutes les agences qui, à un titre quelconque, se rattachent aux services civils ou militaires de notre colonie, aient dans leur correspondance officielle, et dans les actes ou certificats quelconques qu'ils peuvent être appelés à délivrer, à substituer le mot ALGÉRIE aux dénominations précédemment en usage.

Recevez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de ma très haute considération.

Le Ministre Secrétaire d'Etat de la Guerre

À Monsieur le Maréchal Valée, Gouverneur Général d'Algérie.

Document qui devrait pouvoir mettre fin aux éternelles contre-vérités entendues quant à l'hypothétique existence officielle d'une Algérie souveraine avant 1830.

Mais hélas, nombre de Français privilégient l'invective à la compréhension de l'Histoire.

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03 mars 2020

Leon Lesca..du port d'Ager au cap ferret

Léon Lesca, entrepreneur de travaux publics, originaire de La Teste, obtint, sous Napoléon III l’adjudication des travaux du port d’Alger, et de la voie ferrée Constantine- Philippeville.De retour dans son pays natal, il acheta aux enchères publiques, dans la presque‘île du Cap Ferret, ( avec son frère Frédéric) la moitié orientale de la forêt domaniale de la Garonne, dont l’Etat venait d’autoriser le déclassement, après le vote de lois spéciales en 1860 et 63 . Il devint ainsi le propriétaire d’un vaste propriété en bordure du Bassin, entre Claouey et Belisaire. En 1865-66 il fit construire sur les terrains qu’il venait d’acquérir, au lieu-dit Gnagnotte, une villa de style mauresque, en souvenir des années passées en Algérie.

villa1.jpg
Une autre vue Nord- Sud..

Le Cap Ferret était alors un désert habité seulement par les gardiens du phare et du sémaphore,quelques douaniers et garde forestiers. Il n’existait ni route ni chemin, et le village le plus proche, Lège, se trouvait à 15kms .Les matériaux nécessaires à la construction furent acheminés par bateau depuis le port de La Teste. Au début simple pavillon de chasse, la Villa devint par la suite

le poste de commandement d’un vaste domaine. Léon Lesca exploita la forêt et les parcs à huîtres, créa des réservoirs à poissons , planta un vignoble, construisit une école, une jetée, une douzaine de logements pour son personnel, plus tard une chapelle et un presbytère . Autour de la villa, il fit aménager un parc de 25 hectares, planté d’espèces rares, et un vaste potager. C’est lui qui introduisit le Yucca et le Mimosa dans le pays..

Villa3.jpg
L’arrière de la Villa. , vue du parc, côté Ouest.

 

Conseiller général du canton de La Teste pendant vingt cinq ans, administrateur des orphelinats de Gironde, grand propriétaire foncier, créateur d’une société de protection des parqueurs, et de la Société du vapeur « Courrier du Cap », Léon Lesca est mort à la Villa Algérienne en 1913, à l’âge de 88 ans.. La Villa Algérienne (avec ses dépendances ), est restée en indivision entre ses enfants . En 1940 , la maison a été occupée par les Allemands ..Le parc nécessitait les soins attentifs de plusieurs jardiniers , dès qu’il a été abandonné; il est rapidement retourné à l’état sauvage, et s’est transformé en une sorte de jungle poétique et folle, envahie par les lianes et les ronces……A la Libération, la villa elle- même était dans un état de délabrement avancé, il aurait fallu entreprendre de très importants travaux de restauration, d’autant qu’elle était rongée par les termites. Lors du partage intervenu entre les héritiers Lesca, la villa a été tirée au sort, et c’est  Frantz Lesca, qui l’ a trouvée dans son lot. Il habitait au Maroc et ne voulait pas s’encombrer d’une pareille charge, il s’en est donc débarrassé au plus vite , en la vendant à des hôteliers-restaurateurs Ceux ci ont fait de mauvaises affaires; (le Cap Ferret n’était pas encore à la mode dans les années soixante), ils ont vendu à leur tour, cette fois ci à des promoteurs qui se sont empressés de démolir la Villa (1966) pour la remplacer par le bloc de béton que l’on voit aujourd’hui ….

la villa a laissé place à un immeuble où, depuis, séjournent les touristes. Ils ont une belle vue. Ceux qui sont au pied de l’immeuble …▼

ARCACHON/VILLA ALGERIENNE - PHOTO SUD OUEST ( ARCACHON )

 

chapelle de la villa algérienne cap ferret

                Chapelle de la villa Algérienne rescapée de la démolition(Photo récente  )

 

En savoir plus→source :Villa_Algerienne___Cape_Ferret

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