Algerazur

08 septembre 2022

La loterie Algérienne-1936

 Remi st andré-CaptureLa loterie Algérienne que nous avons connu date du 15 mars 1936 – premier tirage organisé par M. Rémi Saint André au théâtre Municipal d’Alger.Rattaché d'office à la Direction des Finances, il s'était vu confier une tâche dont ce service ne voulait pas se charger : créer en Algérie une Loterie, concurrente de la Loterie Nationale, le premier tirage devant avoir lieu dans trois mois! Il faudra toutes ses capacités d'invention, connaissances financières, astuces techniques, toute sa force de persuasion devant l'hostilité des financiers eux-mêmes, pour mener à bien cette entreprise. La Loterie Algérienne connaît un grand succès et rapporte au budget de l'Algérie des sommes considérables pour les œuvres sociales. Il en fait une réalisation profitable au pays à plus d'un titre, les élus locaux rivalisant pour que le tirage se fasse sur leur territoire. Il a l'idée de jumeler les tirages, non seulement avec les fêtes (pâques, Noël), mais aussi avec de grandes manifestations historiques, traditionnelles ou sportives, notamment boulistes et aéronautiques, matches de boxe, ce qui, tout en assurant la publicité pour la Loterie, donne un essor particulier au sport en Algérie.

Voir :Remi_St_André_

 

Echo d'Alger 03-1936Loterie-1936

L'écho d'Alger du dimanche 15 mars 1936 ▲

Le second tirage aura lieu à Oran le 30 mai.L'écho d'Alger du dimanche 15 mars 1936

Le billet ci-dessous date de 1881, une autre loterie différente, puisque tirée en France, à Paris.

 

loterie Algerienne-1881

Un article du journal Le petit Stéphanois de 1881 mentionne:

Le comité de la loterie nationale algérienne informe le public que le

Tirage de la loterie aura lieu irrévocablement le jeudi 26 janvier dans la salle du Cirque-d ’Eté, aux Champs-Elysées, à dix heures précises du matin, avec des appareils nouveaux construits spécialement à cet effet par la maison Fichet. Le paiement des lots sera effectué huit jours après la présentation, au siège de la loterie, des billets gagnants.Billet 1937

 

loterie 1937

                                                     Billet 1937

 

 

loterie 1652

 

                                               Noël 1952

 

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16 août 2022

Débarquement de Provence-Aout 1944

C'était en 1944 ,les 16 et 17 aout....nos parents furent mieux accueillis qu'en 1962...et pour, cause

debarquement Provence 1944

 

débarquement provence_1944

 

 

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02 août 2022

Jean Brune écrivain Algérois et Camus


Jean Brune et Albert Camus

Deux écrivains pieds-noirs face à la guerre d’Algérie

 

bild
    à lire aux éditions Atlantis

Jean Brune (1912-1973) a été le condisciple d’Albert Camus (1913-1960) au lycée d’Alger et, comme il le dit « au cours de la vie parfois son ami ».
A comparer les deux écrivains pieds-noirs prestigieux on découvre des ressemblances surprenantes entre Cette haine qui ressemble à l’amour et La Révolte d’un côté, et Noces, L’Eté, L’Hôte et Le Premier Homme de l’autre.
Face au drame de l’Algérie française, leur réaction a été unanime : ils insistaient sur le « droit des hommes à ne pas être chassés de leurs souvenirs d’enfance ».Voir son reportage sur la naissance du quartier mythique d'Alger: Bab El Oued :

Bab_el_Oued__Jean_Brune

Ses livres(Ed. Atlantis) :

https://editionatlantis.de/autoren/details/?aut_id=0&lang=

En savoir plus sur Jean Brune ▼

Jean_Brune_biographie

Jean Brune -Devise

                            Sa devise

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02 juillet 2022

Albert Camus-Prix Nobel fier de ses racines

      

Camus

   ABERT CAMUS, Prix Nobel 1957

                       FRANÇAIS D’ALGERIE ''Pied Noir''

Le discours que prononce Camus à Stockholm lors de la remise de son prix Nobel,le 17 octobre 1957, est d’une si grande importance que l’on pourrait en recommander la lecture, aussitôt après
le Premier Homme, son roman posthume, à ceux qui veulent s’initier à son œuvre. Camus tient d’abord à y souligner qu’avec lui, c’est un Français d’Algérie qui reçoit cette distinction mondiale. Il veut rappeler que parmi cette population, désignée sous le nom de « pied-noir » que l’on dit alors constituée de colons aisés et sans scrupules, il peut se trouver des êtres issus des milieux les plus pauvres et capables de faire honneur à leur pays et à l’humanité. Le Camus algérien est entièrement dans ce rappel (ou ce défi) et on l’y retrouve mieux encore que dans la fameuse réplique, d’ailleurs toujours tronquée quand on la cite, qui fut celle de Camus en réponse à des étudiants algériens résidant à Stockholm : « Entre ma mère et la justice, je préfèrerai toujours ma mère ». Ainsi raccourcie et trahie, la citation choquera les esprits les moins prévenus, parfois même dans l’entourage de Camus, et on devra attendre mai 2006 pour entendre un président de la République algérienne, Abdelaziz Bouteflika, déclarer que la préférence ainsi donnée par Camus à la mère traduit un sentiment vraiment et profondément algérien.

Source:Culture.fr

Lettre d'Albert Camus en 1957

 Biographie: Albert Camus - Wikipédia

Voir aussi (sur le site de Francine et Pierre Jean Cardona) :http://pierrejean.cardona.free.fr/jeunesse_de_camus.htm

Ici sur L'Algérianiste(d'aprés documents famille Cardona):Albert_Camus_sa_jeunesse

Discours de Suède →Albert_camus_discours_de_stockholm

voir aussi : http://litteranaute.blogspot.fr/2010/01/je-prefererai-toujours-ma-mere-la.html    

                 Séance de dédicace après avoir récemment reçu  le prix Nobel de littérature le 10 octobre 1957.▼

Camus prix Nobel

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17 juin 2022

Alger 17 Juin 1962..Cessez le feu OAS-FLN

 

Comme ils le font tous les soirs, de nombreux Européens de la capitale écoutent  la radio...

 

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Il est 20 heures 30, ce 17 juin 1962 à Alger. Ceux qui ne sont pas au courant des négociations qui se tramaient depuis plusieurs semaines entendent, stupéfaits, un porte-parole annoncer d’une voix grave:

« Aujourd’hui, 17 juin, à midi, à l’issue d’entretiens auxquels l’OAS a participé, le FLN vient, par la voix de son délégué général, de définir les bases d’un accord entre Algériens. Le haut commandement de l’armée secrète donne l’ordre à partir de ce soir de suspendre les combats et d’arrêter les destructions».
Il avai été seulement convenu que Mostefaï, Susini et Chevallier prendraient la parole officiellement pour se féliciter de la fin des hostilités. Il faudra malgré tout encore plusieurs jours, et une nuit,  pour que Mostefaï accepte de citer le nom de l’OAS dans son allocution. Ce qu’il fera le 17 juin en s’adressant directement aux Européens d’Algérie:
«C’est une page de l’histoire de notre pays que nous allons tourner […] Je sais le désarroi  dans lequel vous êtes. Vous vous posez des questions sur votre avenir dans ce pays. Ces sentiments ont été exprimés   par les dirigeants des organisations syndicales et professionnelles, et en particulier par les dirigeants de l’OAS, avec lesquels nous nous sommes entretenus. Si j’ai participé à ces entretiens, c’est parce que leur utilité  a été reconnue par les dirigeants algériens».

C’est dit! 

«Algériens d’origine européenne, conclut Mostefaï, au nom de tous vos frères algériens, je vous dis, que si vous le voulez, les portes de l’avenir s’ouvrent à vous comme à nous. Que ce soir, que demain cessent les dernières violences, les derniers meurtres, les dernières destructions ».

Le porte-parole de l’OAS lit d’abord deux messages codés, dans le style de Radio-Londres. «Pour le renard des sables et pour le fennec : les briquets ne doivent pas être allumés» (traduction: on ne fait pas sauter les puits de pétrole) et «Les piscines doivent rester pleines» (Ne pas toucher aux barrages).

D’une voix grave il annonce alors que les dirigeants de l’armée secrète ont décidé de suspendre les combats. La guerre d’Algérie est terminée. Et Alger n’a pas brulé.

 Cet accord ne suffira pas à rassurer les Pieds Noirs. Ils n’y croient plus et quittent à jamais l’Algérie. Jean-Jacques Susini partira, lui, à la mi-juillet pour poursuivre une vie de clandestin. Condamné deux fois à mort par contumace, notamment pour avoir commandité l’attentat du Mont Faron contre le général de Gaulle en 1964, il sera amnistié en 1968. Il vit actuellement à Paris.

Le docteur Mostefaï,  à qui on reprochera longtemps ces négociations avec l’OAS, vit entre Paris et Alger. Jacques Chevallier, qui avait choisi la nationalité algérienne, est mort à Alger en 1971.

José-Alain Fralon

Source :http://www.slate.fr/story/57767/guerre-algerie-oas-fin

Pour la petite histoire : Les accords de dernière heure survenus entre JJ Susini(OAS) et le Dr Mostefai(FLN) ont été surnommés "accords de Ben Haroun",par dérision par rapport aux accords d'Evian,trois mois plus tôt.....

Plus de détails ici

- PDF→Accord_OAS_FLN_17_juin_1962_1

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chawki_Mostefa%C3%AF

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Susini

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chevallier

 

Revoir :  http://algerazur.canalblog.com/archives/2012/06/17/24325562.html

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05 juin 2022

5 juin 1944,les Africains à Rome

 drapeau_fran_aisRemember  !

 5 Juin 1944,l'armée d'Afrique entre à Rome

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Les Nord-Africains s'illustrent en mai 1944 dans l'attaque des fortifications allemandes de la ligne Gustav, entre Naples et Rome, à hauteur du monastère du Mont-Cassin.

Le 5 juin 1944, à la veille du débarquement de Normandie, les troupes d'Italie font une entrée triomphale à Rome. Les tirailleurs africains participeront quant à eux au débarquement allié de Provence, le 16 août 1944, deux mois après celui de Normandie. Le 25 août 1944, des fusiliers marocains et des tirailleurs africains figurent aussi parmi les soldats de la IIe DB du général Leclerc qui libère Paris. A la fin de l'année, la 2e division d'infanterie marocaine est la première unité française à franchir le Rhin.

À la fin 1945, les différents corps d'armée français et les résistants de l'intérieur sont rassemblés dans une 1ère Armée française sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny. Sur un total de 550.000 hommes, on compte alors 134.000 Algériens, 73.000 Marocains, 26.000 Tunisiens et 92.000 ressortissants d'Afrique noire.

Source :Hérodote

Voir :

La France et ses soldats des colonies

http://nice.algerianiste.free.fr/pages/C.E.F._Italie/C.E.F..html

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15 mai 2022

Canonisation de Charles de Foucauld -15 mai 2022

Vision du sahara au début du 20ème siècle

Jardins de Laghouat-1920

                                                                     Jardins de Laghouat-1920

Le desert....le Sahara

Deux mots autour desquels,se sont cristalisées tant de légendes et groupées tant de passions scientifiques ou politiques,sans que l'opinion publique soit encore bien éclairée par leur définition. " Pays du mirage " écrit M. Demontès,aussi bien pour les auteurs qui en ont disserté doctement,ou avec humour,que pour les touristes dont la curiosité s'est arrêtée à la visite de quelques oasis proches de Biskra.

Que savait on du Desert Algérien,au milieu du 19ème siècle?...Relisez telle page «d'un été au sahara»,écrite en 1853 à Laghouat ou l'auteur,les yeux tournés vers le sud,se perd en rêveries géographiques,imagine des villes mozabites «aussi grandes qu'Alger»,un archipel d'oasis merveilleusement arrosées et fertiles.....Ces rêveries furent celles de la génération des bacheliers du tout début du 20ème siècle.Maint poète leur préféra le Desert aride et inorganisé,pays de fantômes assoifés et de caravanes martyres....En 1925,Laghouat est tout ronronnant d'autocars,dont le moindre mécano a vu Ghardaia ou même Timimoun.

Une visite à Bou Saada,en mars ou avril 1925,laisse l'impression d'un merveilleux climat et donne une idée parfaite des plaines desertiques du sud.On ne peut y arriver qu'en automobile,aussi bien qu'à Laghouat.

-à propos de Laghouat,voir ces documents sur Giacomo Molinari ,architecte constructeur de la mosquée:

Voir ▼

Giacomo_Molinari___Laghouat

LA MOSCHEA MOLINARI A LAGHOUAT

La ville est entourée de 30 à 40000 palmiers et l'aspect qu'ils présentent,du minaret d'une des moquées, est celui d'une mer de verdure.

Enigme encore,cependant,pour la majorité des francais qui ne sait pas que,en 1886,un géographe allemand,Rohlfs,daignait concéder à la France ,le Sahara comme le prolongement logique de l'Algérie....

Source: livres(L'Algérie par Georges Rozet) et documents personnels

Copie_de_p_re_De_Foucauld

Comment parler du Sahara sans avoir une pensée pour le père Charles De Foucauld

VoirBiographie_Charles_de_Foucauld

Les épisodes de sa vie : http://chapeletdesenfants.chez.com/frames/frame28.html

L'ermitage de Charles de Foucauld

                              L'ermitage du père De Foucauld

On ne peut qu’être frappé par l’itinéraire de cet homme. Un exemple de résilience après une enfance très éprouvée par les deuils. Une vie d’explorateur en Afrique et de défricheur. Une conversion qui bouleverse peu à peu sa vie, cet homme très volontaire apprenant – difficilement – à « lâcher prise » et à accueillir l’autre. Un prêtre en pays musulman, tout à tous, qui n’a jamais converti personne et dont la vie a une mystérieuse fécondité. Un frère universel pour tous ceux qu’il côtoie dans le désert. Un homme joyeux malgré la misère qu’il partage avec les Algériens de son village.

1914 ! La première guerre mondiale ! 1916, la situation s’aggrave. Le père Charles de Foucauld fait construire un petit fort pour protéger la population.(c'est là qu'il sera assassiné)▼

Charles de Foucauld-fortin 1

 

Voir : http://chapeletdesenfants.chez.com/frames/frame28.html

Charles de FOUCAULD repose depuis le 26 avril 1929 dans un tombeau à El-Goléa, appelé aujourd'hui El Méniaa.▼

tombe Charles de Foucauld-El Golea

Le pape François signe le 27 mai 2020 le décret reconnaissant un miracle attribué au bienheureux, ouvrant la porte à une canonisation prévue le 15 mai 2022.

Voir : Charles de Foucauld - Wikipédia

 

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21 avril 2022

Il y a 78 ans-Droit de vote accordé aux femmes par le gouvernement provisoire à ALGER

 

Capture

 Le droit de vote des femmes est accordé par le gouvernement provisoire de la France libre à Alger, le 21 avril 1944,et confirmé par l'ordonnance du 5 octobre.

il n'est utilisé pour la première fois qu'en Avril 1945 pour les élections municipales,puis en Octobre pour les élections à l'assemblée constituante.

De Septembre 1943 à Août 1944, 400 ordonnances  signées par Henri Queuille(http://algerazur.canalblog.com/archives/2010/10/07/19263297.html)furent promulguées à Alger,dont celle accordant le droit de vote aux femmes . 40% environ de ces ordonnances ont directement trait à la mise en oeuvre de la libération.

La France combattante à Alger accorde le droit de vote aux femmes, près d'un siècle après l'adoption du suffrage universel masculin. La France est l'un des derniers pays d'Europe a avoir accordé le droit de vote et d'éligibilité aux femmes, juste avant l'Italie, la Belgique, la Grèce et la Suisse. Les femmes useront de ce droit pour la 1ère fois aux élections municipales du 29 avril 1945.

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17 avril 2022

Joyeuses Fêtes de Paques 2022

 

Mouna

 

Joyeuses fêtes de Paques

En algérie,pour Pâques, la tradition voulait que l'on déguste la mouna cette brioche délicieuse,soit à la maison,en famille,soit en pique nique,de préférence au bord de la mer,le lundi.

Plusieurs légendes circulent sur l'origine de la Mouna,mais celle là me plait assez:

Au XVI siècle, les rois d'Espagne enfermaient leurs courtisans indésirables dans les forteresses qu'ils possédaient sur les côtes d’Afrique du Nord.
La forteresse d'Oran était sur l'avancée de la rade de Mehrs-El- Khébir.
De nombreux singes (monos) habitaient ce rocher qui fût appelé Fort Lamoune. Une fois par an, lorsque les prisonniers étaient autorisés à recevoir leur famille, pour Pâques, elles leur faisaient passer à travers les barreaux, des brioches parfumées, et depuis ce gâteau se nomme La Mouna.
Des familles exilées d'Espagne s'étaient installées à Oran dans le quartier de La Blanca.
La mouna est originaire d'Andalousie, et semble-t-il qu'elle soit le mélange de plusieurs cultures, juifs nord africains, espagnoles andalous et maghrébins.

Pour célébrer la fin de Pâques, chez les juifs d'Afrique du Nord, était et est célébrée plus que jamais en Israel, la fête dite "Mimouna", curieusement nommée ainsi (?) d'après le patronyme du grand savant, médecin et théologien Maimon qui vécut durant les "années d'or" de l'Andalousie heureuse. Cette festivité est l'occasion d'agapes sucrées de toutes sortes, et les familles la célèbre dans la Nature en pleine épanouissement déjà cette époque .
Voir : https://blidanostalgie.pagesperso-orange.fr/mouna/mouna.htm

Voir la recette:

Algérie Blida Recettes : La Mouna, les bugnes, ...

http://www.couleurkemia.fr/recette-207-la-mouna.html

Voir aussi :http://algerazur.canalblog.com/archives/2010/04/04/17464272.html

 

02 avril 2022

Coupoles d'Alger-La grande Poste

                La grande poste d'Alger,

                                  joyau architectural


Tout a débuté en 1903, avec la nomination de Charles Célestin Jonnart au poste de gouverneur général. L’homme est un habitué de l’Algérie. Pour lui, la réussite de la colonisation française passe avant tout par un rapprochement avec les autochtones. Et ce rapprochement se doit d’être avant tout culturel et religieux. Pour ce faire, le gouverneur général Jonnart publie une série de circulaires afin d’imposer un certain style architectural aux constructions publiques. Jonnart devient ainsi l’initiateur d’un nouveau mouvement stylistique aux tendances orientales : le néo-mauresque. En 1904, les constructions scolaires sont les premières concernées par ces décisions administratives. Ce choix n’est pas fortuit car la communauté musulmane a montré certaines réticences envers l’école laïque, instaurée en 1902. L’enseignement religieux doit être surveillé de près et il est urgent de l’adapter à l’enseignement républicain. L’école coranique située à proximité du mausolée de Sidi-Abderahmane, dans la Basse-Casbah, est le premier édifice construit dans le style néo-mauresque. La Medersa, “destinée à l’enseignement supérieur des jeunes indigènes”, a été inaugurée en octobre 1904 par le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts. “C’est ainsi que sur les pentes de notre Casbah, dans le quartier même où nous fîmes naguère tant de ruines pour la percée de la rue Marengo, nous élevons en ce moment un superbe monument oriental qui apparaît comme une réparation aux ravages exercés en ces lieux. Ce haut édifice, dont on voit de l’esplanade de Bab-El-Oued se détacher la coupole sur le blanc chaos des maisons arabes, c’est la nouvelle Medersa”, écrit alors un officier français dans une correspondance adressée au maréchal Bugeaud. Charles Célestin Jonnart considère que son initiative est une réussite. Il publie de nouvelles circulaires pour imposer le style néo-mauresque aux constructions administratives et publiques et aux édifices communaux. En 1906, le gouverneur général confie à l’architecte Henry Petit, qui s’est chargé de la construction de la Medersa de la rue Marengo, la réalisation du siège du journal La Dépêche Algérienne, et celle du siège de la Préfecture. Ces deux édifices existent toujours. Le premier a été récupéré par le RND de Ouyahia et le second a gardé sa fonction initiale puisqu’il abrite les services de la Wilaya d’Alger. En 1909, Petit achève la construction du magasin des Nouvelles Galeries, situé rue d’Isly, actuellement Larbi-Ben-M’hidi.
Mais le gouverneur Jonnart veut ériger un monument symbolisant en même temps la puissance du colonialisme, la réussite des Français d’Algérie — qui éprouvent alors un certain complexe envers leurs compatriotes de Métropole — et auquel pourraient s’identifier l’ensemble des communautés. Son initiative est d’ailleurs encouragée par un groupe d’intellectuels piedsnoirs. Les architectes Voinot et Tondoire sont chargés de réaliser ce monument dédié exclusivement aux PTT (Poste, Télégraphe et Téléphone), puissante institution de service public durant l’époque de l’empire colonial français. La nouvelle recette postale doit remplacer l’ancienne poste située rue de Strasbourg, devenue trop exiguë pour une ville en constante expansion. “La Grande- Poste a été édifiée sur les restes de l’ancien fort turc situé sur le bras de mer de Ras Taffoura. De ce fort, il ne reste plus qu’une batterie de canons que l’on peut voir au niveau du parc Sofia. La légende dit que c’est sur la plage de Ras Taffoura que Sidi Ouali Dada a frappé la mer de son gourdin pour déclencher la tempête qui allait faire couler la flotte de Charles Quint”, explique Belkacem Babaci, spécialiste de l’histoire d’Alger. “De part sa situation, la Grande- Poste est devenue le cœur de la ville européenne. A proximité de ce monument, il y avait une statue de Jeanne d’Arc ainsi qu’un buste du duc d’Isly. Sur le plateau des Glières, situé en contrefort, on pouvait voir le monument aux Morts (Voir : https://www.founoune.com/index.php/pavois-de-paul-landowski-cachez-moi-cette-oeuvre-ne-saurais-voir/ )
 ainsi qu'une belle horloge florale.C’était toute la puissance de la France qui était représentée dans ce quartier d’Alger”, ajoute M. Babaci. Reste que Voinot et Tondoire ont réalisé une magnifique œuvre d’art. Avec sa grande coupole et ses deux faux minarets, la Grande-Poste est d’une beauté saisissante. La façade principale est ornée de trois arceaux et d’une galerie supérieure à colonnes jumelées. Un large escalier de marbre couleur ambre permet d’accéder sur le parvis qui donne sur trois portes monumentales taillées dans du bois précieux. A l’intérieur, le précieux est conjugué à toutes les formes. Avec ses faïences, arcs, coupoles, stalactites et stuc ciselé, le plafond de la salle principale est un joyau architectural. Les plans ont été tracés par les Européens mais l’essentielle de la main-d’œuvre était algérienne et marocaine. Certains ouvriers y laisseront la vie. A l’instar des plâtriers de Guemar, petite oasis de la région de Oued-Souf, passés maîtres dans l’art du stuc ciselé. Pour sa part, Jonnart a tenu à marquer les lieux de son empreinte. “La hauteur de la construction qui a embelli l’œuvre avait été choisie par le gouverneur général Jonnart”, peut-on lire dans des cartouches polychromes. La religion est également très présente dans ce décor oriental à travers les inscriptions suivantes : “Dieu est vainqueur”, “Le pouvoir éternel Lui appartient” ou encore “Il n’y a de puissant que Dieu”. Dans leur œuvre, Voinot et Tondoire auront su allier art, spiritualité et fonctionnalité. Car la Grande-Poste est avant tout un bureau de poste qui offre une multitude de services à la pointe de la technologie du début du XXe siècle .......

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